Hébergement



« …votre qualité de pèlerin ne vous donne aucun privilège particulier, ni droit à aucune réduction. Certains hébergements offrant des prestations de luxe se sont établis sur cet itinéraire historique avant le renouveau du pèlerinage, et leur demander une réduction, voire la gratuité, sous le prétexte qu’on porte une coquille, peut finir par agacer les propriétaires, surtout si la demande est faite dix fois par jour.

Prévoyez donc que dans l ’immense majorité des cas, vous allez être dans l ’obligation de payer votre hébergement et votre nourriture…

C’est seulement en Espagne que les gîtes d ’étapes réservés aux pèlerins (qu’on appelle là-bas « refugios ») sont gratuits dans la plupart des cas sur présentation de leur crédencial. Et encore dispose-t-on souvent un tronc où chacun devrait déposer un montant destiné à couvrir les frais fixes.

Si vous souhaitez vraiment ne jamais rien payer, il existe une solution très simple appelée « tente ». Sachez quand même que vous devrez porter la guitoune sur votre dos durant des centaines de kilomètres. Mais vous irez alors au bout de votre démarche de pèlerin, puisque vous accepterez de vivre comme le faisaient nombre de pèlerins des temps anciens, dans la pauvreté et le dénuement…

Il vous arrivera, comme c’est arrivé à de nombreux pèlerins sur ce grand Chemin, de recevoir une hospitalité de la part d ’inconnus, qui seront frappés par votre démarche et souhaiteront honorer leur maison de votre présence.

Ce peut être pour une tasse de café, un repas, voire une étape complète. Il serait inconvenant de repousser un tel geste de gentillesse, mais il faut savoir y répondre de manière discrète et appropriée, afin que la chaîne d ’amitié, qui tire depuis des siècles les hommes jusqu’à Compostelle, ne se rompe jamais. Une petite carte postale de Santiago sera souvent le plus beau des cadeaux pour ceux qui vous auront ouvert leur cœur et leur demeure…

Nombreux sont ceux qui pensent qu’ils ont le droit de demander aux prêtres des paroisses le gîte et le couvert, et que ceux-ci sont tenus de les leur donner. D ’une part ces prêtres ont souvent déjà fort à faire à gérer leurs cinq à six paroisses, et d ’autre part ils ne sont ni hôteliers, ni restaurateurs. C ’est à vous d ’organiser vos étapes en fonction de vos possibilités physiques et des hébergements disponibles, de façon à ne pas vous trouver sans logement le soir venu… »

« Miam-Miam-Dodo »



Pierre Gauer
Lu 9640 fois