Les chemins de Saint Jacques

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LA CHAPELLE SAINT ROCH



1- LA CHAPELLE SAINT ROCH

1- LA CHAPELLE SAINT ROCH

Le 7 août 1852, Monsieur l'Abbé FROMENT est installé Curé d'Antraigues ; de suite il est frappé par la dévotion de la paroisse pour Saint ROCH.
D ' après les archives, l'ancienne église ne comportait pas de chapelle dédiée à Saint ROCH, mais la vieille statue de bois qui se trouve dans le chœur de l'église actuelle y avait certainement sa place et devait être transportée tout au long de la procession.
En mai 1954,Monsieur l'abbé FROMENT sollicite de Monsieur l'abbé FAUDET, curé de Saint ROCH à Paris, la remise d'une parcelle du corps de Saint ROCH, relique qui lui est envoyée de suite, ainsi que les litanies de Saint ROCH. La paroisse possède un certificat de l'authenticité de cette relique signé lors du passage de Son Excellence Monseigneur l'Evêque de Viviers à Vals en juillet 1854.
Cette année 1854, d'ailleurs, est marquée par une forte épidémie de choléra à Vals et dans les communes voisines, alors qu'Antraigues est épargné et le pèlerinage du 16 août en prend une plus grande importance.
Il est probable que le jour de la fête, Monsieur l'Abbé FROMENT exposa son projet de construction d'un sanctuaire dédié à Saint ROCH et ouvrit une souscription pour couvrir les frais, demandant des fonds, mais aussi du travail.
Immédiatement la paroisse répond :
Monsieur Etienne AYMARD du Curadou donne tout le terrain nécessaire pour l'emplacement de la chapelle à peu de distance de la Croix de bois élevée en bordure de la route.
Les terrassements sont entrepris, surveillés par Monsieur PLANCHE, maire d'Antraigues à ce moment là.

Et le 1er mars 1855 la Première Pierre de la chapelle est solennellement posée.
Rien n'est plus émotionnant que de feuilleter les quelques notes que possède la paroisse sur la construction de cette chapelle. Les plans en sont faits par Monsieur l'Abbé BOUCHET, curé des Bancs qui en dessinera plus tard aussi les panneaux et décorations intérieures.
Le "catalogue " des bienfaiteurs de la chapelle Saint Roch dressé par Monsieur l'Abbé FROMENT semble être la liste de toutes les familles habitant Antraigues il y a plus de 100 ans ; les noms nous sont familiers : AGREVE, ALEYSSON, AYMARD, BARATIER, BACONNIER, BERTHON, BORIE, BUREL, BONNET, CHASTAGNIER, COULOMB, COMBE, CORNUT, CHAMBONNET, CHIROSSEL, CHARRIER, CLUTIER, CHALABREYSSE, CHASSON, DUCHAMP, DUMAS, DUPLAN, ECHALIER, ETIENNE, FILLIAT, FENOUIL, FAURE, FRAYSSE, FARGIER, GADAY, GLEYZE, GLEYZAL, GIFFON, GAILLARDON, GUIBOURDENCHE, GAMON , GAMONDES, HAOND, JOUANNY, LADREYT, MAZADE, MOUNIER, MICHEL, MATHON, MAZE, NOUGIER, PELION, PINEDE, PLANCHE, PASCAL, PICHOT, RIFFARD, RACAGEL, ROCHEGUDE, ROUX, ROUSSET,SALOMON,SABATON, SAUSSAC, SERRE, SOULAVIE, TAILLE, TESTON, THEOULE, TERRIS, VINCENT, VEYSSIER, VEYRINS, VIALLE.

Chacun tenait à monter à son tour les pierres, le sable, la chaux, le ciment, le bois et tout ce qui était nécessaire pour la construction, tout cela souvent sur le dos ou les épaules et par le raidillon que nous connaissons ! ! !
A coté de ce travail matériel, c'est Monsieur Emile COULOMB qui met sa carrière de pierres à disposition des constructeurs ; Monsieur GLEYZE et Monsieur PEILLON qui fournissent les arbres pour les poutres, Monsieur HAON qui apporte 100 tuiles. Un menuisier CHAMPANHET fournit la façon de la grande porte. D'autres familles : DUCHAMP, COULOMB, PICHOT, offrent fenêtres et vitres.
C'est une émulation, un entraînement de générosité qui unit tout le pays. La chapelle est bien l'œuvre de tous.
Mais elle s 'élève lentement au rythme des dons et des aides. Le gros œuvre est tout juste terminé à la fin de l'été 1850.
En souvenir du vœu ratifié en 1720 la Croix des Portes (croix de pierre toujours en grande vénération parmi le peuple) est ramenée à la pause et encastrée dans une façade de la Chapelle au-dessus de la porte extérieure de la sacristie.
Une statue de Saint Roch en fonte offerte par la famille RACAGEL, est placée au-dessus de la Grande Porte.

Mais une difficulté surgit : la Chapelle malgré tout empiète un peu sur l'ancienne route. Un nouveau travail s'impose d'urgence pour rectifier la voie publique qu'empruntent encore par habitude les habitants du Saint Vincent et de Laviolle. Monsieur SAUSSAC huissier demeurant à la Pause cède le terrain nécessaire et les habitants de nouveau font des journées, quelques-unes payées, les autres gratuites. Devant la Chapelle se trouve alors une petite terrasse, moins grande que celle actuelle, mais suffisamment large pour permettre le déroulement de la procession vers la Croix.
Quelques détails sur cette époque : Antraigues il y a 100 ans ne possédait presque pas de vignobles et si les tournées de boissons aux prestataires comportaient quelques fois du vin, le plus souvent on leur distribuait de la bière à cinquante centimes la grande bouteille.
Les prix des journées de spécialistes aussi étaient remarquables. Les frères Michel, maçons, faisaient des journées payées 2 francs ; PIOUTA, maître plâtrier de Burzet, recevait 4 francs ; et Guisseppe FRANCOIS, peintre, travailla durant l 'hiver 1856-1857 pour 3.50 la journée.
Monsieur Ferdinand GLEYZAL qui avait accepté d'être le trésorier de l'entreprise, soldait des notes de 61 F, de 298.70 F, de 316.15 F, cinq centimes à ce moment-là représentait quelque chose et l'arrondissement au franc était inconnu.
Et toujours les dons arrivaient : petits canaux de 2.5 F ou 10 F. Grosses rivières de 100 F, 200 F et même 400 F.

AU début de l'année 1858 Monsieur l'Abbé FROMENT eut la joie d'annoncer à la chaire que la première messe serait dite dans la chapelle de Saint Roch le 16 Août, jour du pèlerinage habituel et il engageait par la même occasion, chacun des paroissiens à solliciter de leur Saint Protecteur, une grâce spéciale qui ne leur serait certainement pas refusée.
La Chapelle fut bénie au début d'août 1858, et les préparatifs de la fête tout spécialement étudiés.
Le pèlerinage connut un éclat extraordinaire, mais Monsieur l'Abbé FROMENT, qui avait été l'âme et le réalisateur du projet n'eut pas la joie d'assister à la fête. Retenu au lit par une fluxion de poitrine, Dieu lui demandait d'ajouter à la générosité de ses paroissiens l'offrande de son abnégation et de sa propre souffrance.
Indult papal le 10 janvier 1860, Sa Sainteté Pie IX, Pape, intéressé à la construction de la chapelle, envoie l'Indult suivant :



"" A tous les Fidèles qui verront les présentes lettres, salut et bénédiction apostolique,
Attentif dans notre perpétuelle charité à accroître la religion et àprocurer le salut des âmes en leur ouvrant les célestes trésors del'Eglise, nous accordons avec miséricorde dans le Seigneur INDULGENCEPLENIERE et rémission de tous les péchés à tous et à chacun des fidèlesde l'un et l'autre sexe, qui, vraiment repentants, s'étant confessés etayant communié, visiteront avec dévotion l'oratoire public, érigé enl'honneur de Saint Roch, dans la paroisse du lieu appelé ANTRAIGUES,diocèse de Viviers, le jour que chaque fidèle choisira dans le cours del'année et de plus le jour de la Fête de Saint ROCH ou bien l'un des 7jours qui suivent immédiatement chaque année au choix de chaque fidèle,à la condition encore qu'on y adressera à Dieu de ferventes prièrespour la paix entre les princes chrétiens, pour l'extirpation deshérésies et pour l'exaltation de la Sainte Eglise, Notre Mère.
Donné à Rome, prés de Saint Pierre, sous l'anneau du pêcheur, le 10 Janvier de l'an Grâce 1860 le 14ième de notre Pontificat"



Lors de son passage à Antraigues, pour la bénédiction de la nouvelleéglise, en tournée de Confirmation en mai 1878, Son Excellence,Monseigneur BONNET voulut visiter la chapelle de Saint Roch, d'autantplus que cette même année le FRERE ANTOINE PARENT construisait sonpetit ermitage tout à côté du sanctuaire, ne demandait rien de plus quele titre de "gardien de la Chapelle de Saint ROCH ".
L'oratoire fut alors continuellement ouvert pour les visites despèlerins et le 18 novembre 1880 un chemin de croix a été solennellementbéni et indulgencié dans la Chapelle :

" Nous soussigné, Curé Archiprêtre d'Antraigues, en présence deMonsieur AYMARD, vicaire, du frère ANTOINE, gardien de la Chapelle deSaint Roch et de nombreux fidèles,
Agissant en vertu de l'autorisation spéciale de Monseigneur l'Evêque deViviers, à ce accordé sous la date du 30 octobre dernier, a bénisolennellement le Chemin de Croix érigé en la Chapelle de Saint Roch,paroisse d'Antraigues.
En vertu de laquelle bénédiction les pieux fidèles qui ferontl'exercice du chemin de Croix, avec les conditions requises, pourrontgagner les indulgences que les souverains Pontifes y sont attachées.
Signé : CHENIVESSE Curé"



Vals voulut offrir une cloche au petit oratoire ; aussi un clocher enpierre de taille de granit fut édifié en 1885 par les soins de MonsieurFélicien BUREL et Monsieur Victor BLACHE.
Pendant les 15 années que le frère Antoine passa dans son ermitage, denombreux aménagements furent apportés tout autour du sanctuaire : pièced'eau, tonnelle, jardin de fleurs, aujourd'hui disparus. Mais surtoutla terrasse fut agrandie et consolidée par des murs de soutènement.Elle permet actuellement de célébrer la messe en plein air sousl'ombrage de gros châtaigniers, même devant une très grande foule depèlerins.
Avant de clore la liste des bienfaiteurs de la Chapelle de Saint Roch,il est bon de nommer Monsieur Lucien GLEIZAL, qui eut la générosité desolder en 1930 toutes les réparations d'entretien effectuées àl'extérieur et à l'intérieur du sanctuaire.
En 1944, Monsieur l'Abbé GUIGAL, curé archiprêtre d'Antraigues,désireux de mettre de nouveau sa paroisse sous la protection de SaintRoch, fit le vœu de célébrer chaque mois, lui ou ses successeurs, unemesse dans la chapelle de Saint Roch pendant CINQ ANS.
Ce vœu fut accueilli avec joie et reconnaissance par les habitants quiréclamèrent à la fin des 5 ans, de le continuer une année de plus.
SAINT ROCH est donc le grand protecteur d'Antraigues, quis'enorgueillit d'être le berceau de la communauté des SŒURS DE SAINTROCH (sœurs gardes-malades) bien appréciée dans l'Ardèche et mêmeau-delà ; elle fut fondée par Monsieur l'Abbé FROMENT le 7 août 1859.

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