Conseils pratiques et éclairages spirituels
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LA CHAPELLE SAINT ROCH3 - LE PELERINAGEANTRAIGUES : sa tour moyenâgeuse et son château du 12éme siècle parlent de rivalités seigneuriales, de guerres de religion et d'un genre de vie que nous ne pouvons même plus nous imaginer. Cependant dans le déroulement des siècles et des générations une manifestation de piété s'y est maintenue intacte : LE CULTE DE SAINT ROCH qui amenait avant la dernière guerre une affluence énorme de fidèles et attire encore aujourd'hui de nombreuses personnes pour le pèlerinage traditionnel du 16 août. QUELLE EST DONC L'ORIGINE DE CE PELERINAGE répondant à un vœu et à quel moment débute-t-il ? Est-ce au 15ème siècle ? Est ce au 16ème siècle ? Il est impossible de le savoir. Mais en 1720, les archives paroissiales conservent une délibération des Confrères du Saint Sacrement prouvant qu'en face de la peste effroyable qui ravagea Marseille et tout le midi de la France, le vœu fut renouvelé dans les termes suivants : " CE VINGTIEME DU MOIS D'OCTOBRE MIL SEPT CENT VINGT en conséquence de la libération prise en corps de communauté ce jour d'hui et remise devers le greffe, Messire Antoine BAUSSIER, prêtre et curé d'Antraigues et sieur Claude MAZADE, consul moderne dudit Antraigues, ONT au nom de ladite communauté comme députés et commis à cet effet par ladite délibération (le Saint Sacrement exposé et à l'issue des Vespres) RATIFIE ET SOLENNELLEMENT APPROUVE LE VŒU QUE LADITE PAROISSE AVAIT FAIT AUTREFOIS A SAINT ROCH, de fester le jour de sa feste, 16ème d'Aoust et d'aller ce jour là en procession à la Croix que l'on appelle des Portes, pour engager d'autant plus ce glorieux Saint à nous garantir par son intercession de la contagion dont nous sommes menacés, ce dont une partie de la Province est actuellement infectée. " " Lesdits sieurs Curé et Consul en la qualité et manière que dessus, ont fait vœu de célébrer cedit jour le plus saintement qu'on pourra en ne s'occupant que des œuvres de religion et d'empêcher autant qu'il sera possible qu'aucun ne passe ce jour dans les jeux, festins et cabarets. " " En foi de quoi lesdits sieurs Curé et Consul ont souscrit les présentes pour mémoire à la postérité en y attachant la formule du vœu qui a été prononcé. " " Signé BAUSSIER, Curé – MAZADE, Consul. " Ce vœu ne comportait donc qu'une procession jointe à l'obligation de fêter le jour du 16 Août comme un dimanche en s'abstenant de réjouissances profanes. LA CROIX DES PORTES était élevée sur le bord de l'ancienne route de Laviolle à 2 kilomètres du chef lieu. Il était facile d'imaginer cette procession dans une paroisse double (Antraigues et Laviolle) qui comptait alors presque 2000 habitants…, les Confréries : celle des adorateurs du Saint Sacrement, fondée à Antraigues par Monseigneur Louis de Suze en 1650 avec ses nominations régulières, bâtonniers, mères de miséricorde, etc.…, celle du Saint Rosaire, les groupes de jeunes gens et de jeunes filles, les nombreux enfants… et cette foi débordante aimant à s'extérioriser…, ces paroissiens pour la plupart illettrés et connaissant mal le français, mais chantant parfaitement le latin. A la récitation du chapelet le long de la route devait alterner les psaumes, les cantiques et peut-être des invocations spontanées à Saint ROCH. Les notes historiques ne parlent pas de l'heure de la procession, mais la messe devait être célébrée à l'église paroissiale qui se trouvait sur la grande place actuelle. Il est probable que la procession s'organisait à l'issue de la messe pour ne se terminer que vers le milieu du jour. Ils ne craignaient pas l 'effort les Anciens de 1720. Pieds nus peut-être ou en sabots, sous le soleil du mois d'août c'était toute une somme de sacrifices, d'endurance, de peines qu'ils apportaient au pied de la Croix des Portes, but final de la procession en l'honneur de Saint ROCH. La route que suivait la procession était la seule route reliant AUBENAS à MEZILHAC et au PUY. Mais, vers 1820 ou 1825, la construction de la nouvelle route nationale vint apporter de grands bouleversements et, il faut le dire, des déceptions pour le Chef Lieu d'Antraigues. En effet les plans des services routiers modifièrent complètement l'itinéraire de la route qui suivait la rivière La Volane et ne traversa plus le bourg d'Antraigues pour rejoindre Laviolle par le Col des Portes. C'est peut-être à ce moment là que la procession déjà pénible par son éloignement du chef lieu fut abrégée. La route était moins bien entretenue et les pèlerins étrangers avaient déjà pour la plupart, marché fort longtemps avant d'arriver à Antraigues. Après une légitime dispense, la procession s'arrêta au lieudit "LA PAUSE " ou fut érigée une croix de bois. Texte établi d'après les notes rédigées par Madame Camille CORNUT d'Antraigues. Pierre Gauer
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