Les chemins de Saint Jacques

Conseils pratiques et éclairages spirituels



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La Geste de Jacques: pêcheur en mer de Galilée, fils de Zébédée.

Juillet 44: De retour d'Ibérie, je viens d'être arrêté part les hommes d'Hérode Agrippa ainsi que d'autres chrétiens de Jérusalem. Il veut sans doute faire un exemple. Je prie pour mes disciples. Cette geôle infecte où je suis isolé, me donne l'occasion de me souvenir et de rendre grâce à Dieu.



     Ce matin, le lac est calme. Nos barques nous attendent sur le rivage. Seul le clapotis des vagues semble répondre à la brise légère qui s'est levée au petit jour sur la mer de Galilée. Simon et André, son frère, sont déjà là et préparent les filets-éperviers. J'arrive rarement avant eux au travail. Jean, encore moins, qui adore discuter avec notre mère Salomé. Pourtant, le père, Zébédée, n'apprécie pas que nous arrivions après les salariés et il sait nous le faire savoir !  Si le temps le permet, il nous faudra faire aussi bonne pêche que la semaine dernière. Jean, mon cadet, arrive en courant ; on court vite à cet âge ! Il devait encore discuter de notre Dieu ou de ce Jésus qu'il admire tant.

     Il est vrai qu'il est très attiré par l'étude de la Tora et qu'il a suivi l'enseignement des scribes de la grande synagogue de Tibériade et pas seulement le jour du Sabbat. Il demande toujours la permission d'aller prier et recevoir les enseignements dans les synagogues de la côte. Je l'ai accompagné parfois, même à Capharnaüm où il a entendu l'enseignement de ce Jésus qui n'est  pas scribe mais parle mieux qu'un scribe et avec une autorité stupéfiante. Tout ce qu'il dit est vrai et même il opère des guérisons qui confirment ses dires. Il nous a bouleversé, peut-être plus encore que Jean le Baptiste des bords du Jourdain, qu'André suit franchement. Mais ce Baptiste n'est pas le Christ que nous attendons et que les Ecritures nous annoncent. Il l'a dit lui-même à ses disciples: "Il vient celui qui est plus puissant que moi".

COMMENT SAINT JACQVES DEVINT UN DISCIPLE DE NOTRE SEIGNEUR - COMMENT SAINT JACQVES FVT LE TEMOIN DUN MIRACLE DE NOTRE DE NOTRE SEIGNEVR
COMMENT SAINT JACQVES DEVINT UN DISCIPLE DE NOTRE SEIGNEUR - COMMENT SAINT JACQVES FVT LE TEMOIN DUN MIRACLE DE NOTRE DE NOTRE SEIGNEVR
     Est-ce Jésus, le libérateur d'Israël ? Jean n'est pas loin de le croire... Pourtant, il est fils de Joseph, un charpentier de Nazareth ! Mon frère pourrait devenir scribe, je suis sûr qu'il y a pensé. Il a rencontré le grand prêtre à Jérusalem lors du pèlerinage de la Pâque. Ce ne serait pas forcément incompatible avec la pêche !

     Nous poussons la barque. Le père, Jean et moi, y montons. La barque de Simon et André nous a devancé sur le lac. Rien ce jour-là. Le soir, nous décidons de continuer. Nous peinons toute la nuit sans rien prendre. Nous sommes exténués. Au matin, nous revenons pour nous occuper des filets. Il y a du monde, un attroupement et Jésus, qui parle à la foule. Nous accostons un peu à l'écart et commençons à laver les filets. L'attroupement grossit, il en vient de partout, surtout des femmes et des enfants, des pêcheurs aussi.

COMMENT N.S SE TRANSFIGVRA AVX YEVX DE PIERRE JACQVES ET JEAN - COMMENT SAINT JACQVES ASSISTA A LA PECHE MIRACVLEVSE
COMMENT N.S SE TRANSFIGVRA AVX YEVX DE PIERRE JACQVES ET JEAN - COMMENT SAINT JACQVES ASSISTA A LA PECHE MIRACVLEVSE
     Jésus, s'approchant de nos barques échouées, monte dans celle de Simon qui le salue avec respect. Simon et des employés remettent la barque à l'eau et semblent repartir avec Jésus qui s'est assis. La foule s'agite. Jésus reprend son enseignement à quelques mètres du rivage. Nous nous approchons avec Jean quand Simon nous fait signe de reprendre la pêche. En effet, Jésus en renvoyé la foule et a ordonné de jeter les filets en eau profonde. On ne peut résister à l'autorité de Jésus, Simon obtempère  et m'adresse une moue d'impuissance et d'incompréhension. Jésus, toujours assis, impassible, semble être ailleurs, tandis que les deux frères s'affairent... Stupéfaction ! Ils remontent leurs filets pleins à craquer et nous font de grands signes pour venir les aider. Incroyable ! Je n'ai jamais vu autant de poisssons dans un filet. Nous remplissons les deux barques en surcharge. Simon stupéfait et effrayé tombe aux genoux de Jésus: "éloigne toi de moi, Seigneur, car je  suis un pêcheur !"

     Ce Jésus ! Il attire les poisssons dans nos filets comme il attire les foules à lui ! Toute la journée nous en avons parlé avec Zébédée qui n'était plus avec nous pour cette pêche dont on parlerait longtemps. André, qui nous a rejoint, est bouleversé par notre récit et propose d'aller en parler à son maître Jean le Baptiste. Le résultat de la pêche autorise bien Simon et André à prendre quelques jours pour cela ! Qu'à voulu dire Jésus par son invitation : "Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d'hommes" ?. 

     Ce matin, Simon et André pêchent non loin de la rive et jettent l'épervier dans la mer. Jean le Baptiste leur a désigné Jésus: "Voici l'agneau de Dieu". Ils ont décidé d'être de ses disciples. Ce Jésus n'est pas un bavard, ni un baratineur comme il y a tant sur nos places, mais quand il parle, on sait avec certitude, au fond de nous-même, qu'il dit vrai, mieux: qu'il est la vérité !.

     Justement, je vois Jésus qui chemine le long de la rive, là-bas, et qui parle à Simon et André remontant leur filet. Ils laissent tout et le suivent. Je suis au travail avec Zébédée et Jean. Jésus avance vers nous et nous appelle: nous laissons tout, saluons Zébédée qui a compris et suivons aussi.

     Nous sommes de nombreux disciples: certains s'absentent pour leurs occupations et reviennent. Sa renommée est immense dans la région. Son enseignement est aussi nouveau qu'il est donné avec autorité et il multiplie les guérisons et chasse même les démons. D'ailleurs, mon fère Jean ne cesse de me citer les prophètes à propos de Jésus: "Les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont guéris et les sourds entendent, les morts ressucitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres".

     En sortant de la synagogue de Capharnaüm, nous allons, Simon, André, Jean et moi, visiter la belle-mère de Simon abrutie par une forte fièvre qui ne cède pas et la maintient au lit. Jésus lui touche la main et la fièvre la quitte si vite qu'elle se lève immédiatement et lui sert un repas !

     Ce prodige nous a soudé tous les quatre autour de lui et, parmis tous ceux qui s'empressent à sa suite, je crois bien que nous sommes les plus fidèles. Après la réanimation de la fille de Jaïre, le chef de la synagogue, qui était tenue pour morte, je ne sais pas jusqu'où nous irons avec lui et ce que nous allons faire en son nom...

( à suivre... )

Jacques Jouenne Depreux
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