Les chemins de Saint Jacques

Conseils pratiques et éclairages spirituels



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Lettre de l'Hospitalité n°49

A LA RECHERCHE DU DIEU QUI NOUS CHERCHE :
" Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu" (Mt5,8)



EDITORIAL

 Lettre de l'Hospitalité n°49
  En 2010, le 25 juillet, la fête de la Saint Jacques est un dimanche : c’est le critère, pour l’Eglise, de décréter l’Année sainte à Compostelle. Le dimanche, le jour du Seigneur, l’Eglise universelle célèbre la résurrection du Christ : Le 25 juillet de l’Année sainte, chaque fidèle, chaque pèlerin peut, en fêtant l’Apôtre Jacques, se réjouir par anticipation d’être sauvé par le Christ et d’être destiné à ressusciter, comme Jacques, pour une éternité de bonheur.
  Cette année 2010, l’Eglise invoque une bénédiction spéciale de Dieu sur le pèlerinage et sur chaque pèlerin, apportant, à chacun d’entre eux, l’opportunité d’un grand profit spirituel. « Année du grand Pardon », l’Année sainte verra s’ouvrir la Porte sainte du ciel pour tous ceux qui s’empresseront de demander la miséricorde de Dieu pour leurs manques d’amour. Les grâces divines puisées par l’Eglise dans le trésor des mérites du Christ et des saints restaureront bien des pécheurs pénitents dans leur dignité de fils de Dieu pour une vie nouvelle de ressuscités et guériront bien des conséquences de leurs fautes. L’Eglise catholique invite les fidèles d’Espagne, d’Europe et de chaque continent à se rendre au Sanctuaire (ou à s’y faire représenter), « sur la tombe de l’Apôtre pour confesser leur foi en Christ ressuscité et recevoir en abondance la miséricorde divine comme manifestation de l’amour de Dieu pour l’homme. » (Mgr Julian Barrio, archevêque de Compostelle)

EN 2009, UN CHEMIN DE LIBERTE ?

 Lettre de l'Hospitalité n°49
Mi-octobre, le flux pèlerin à l’Hospitalité Saint Jacques est divisé par quatre : les communautaires soufflent un peu ! Pourtant, l’abbatiale de Conques était pleine pour fêter, ce dimanche 11 octobre, la petite Sainte Foy qui, à douze ans, il y a quelques siècles, n’eut pas peur de tenir tête aux pressions romaines et familiales pour lui faire renier sa fidélité au Christ. Monseigneur Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, étudia devant nous les caractéristiques du martyr chrétien : ni kamikaze fanatique, ni provocateur cherchant la persécution (un chrétien ne pouvant susciter des bourreaux), en fait, un homme libre, refusant de se considérer comme le meilleur, priant pour ses persécuteurs et ne cherchant pas la mort mais la vraie vie, simplement ferme sur sa foi en Christ qui est le Chemin, la  Vérité et la Vie. Quels exemples pour notre monde infidèle !
Le pèlerin n’est-il pas l’homme libre par excellence ? Ou n’est-il pas celui qui entame un chemin de libération ? Il rompt avec son environnement habituel, ses habitudes et la plupart de ses conditionnements. Il court vers un but qui n’attire guère ses contemporains et ne recherche aucune gloire. Si, vraiment pèlerin, il cherche à atteindre le Sanctuaire, c’est pour être introduit auprès de Dieu par celui qui le côtoie, saint Jacques : cette foi-là, cette liberté exprimée, pourrait bien être l’occasion de moquerie sinon de persécution !
Pourrions-nous dire, comme certains le prévoyaient pour cette année, que le désarroi de nos contemporains face à la perte d’une vie matérielle sécurisée, plus ou moins assurée d’une prospérité continue, allait se traduire par une prise de conscience, un questionnement plus profond, voire spirituel?
 Ce n’est pas l’évidence et la peur provoquée par le séisme financier pourrait faire rêver bon nombre au retour de la situation antérieure. Des pèlerins sembleraient vouloir accomplir leur projet de pèlerinage comme si de rien n’était ; tout juste, en dépensant moins, en réduisant leur durée de cheminement. D’autres, en petit nombre, avec détermination et quelque intrépidité, ont renoncé aux séductions éculées de ce monde pour chercher un nouveau sens à leur vie, une vérité à laquelle se consacrer entièrement. On a vu des jeunes plus exigeants, plus engagés dans leur démarche, investir le chemin avec ferveur, comme s’ils répondaient à notre évêque, Monseigneur Bellino Ghirard, s’adressant aux paroissiens d’Estaing, lors de la fête de la Saint Jacques : « Ainsi l’apôtre saint Jacques est-il, pour nous, aujourd’hui, celui qui nous propose une transfiguration de nos vies sur le chemin de Compostelle. » Il nous invitait au voyage intérieur pour des transfigurations opérées par le Christ qui nous rejoint sur nos routes humaines. Pour tenter « d’unifier sa vie » et, pour un pèlerin, « d’unifier aussi sa foi », l’évêque de Rodez nous propose de nous mettre en route pour « aller jusqu’au bout de l’amour ».

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Jean-Marc LUCIEN
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