Les chemins de Saint Jacques

Conseils pratiques et éclairages spirituels



Recherche
Inscription à la newsletter

Lettre mensuelle N°54 - Chemin business

Voilà bien une expression récurrente utilisée par quelques pèlerins du chemin de St Jacques. Les prix d’hébergement et de service en paraissent-ils trop élevés ? Les aménagements autour du chemin deviennent-ils trop touristiques...?



Une partie de la lettre d'Estaing du mois de juillet 2011 tente de répondre à cette interrogation

Fresque à Aubrac
Fresque à Aubrac
.../...
et l’esprit du monde de la consommation a-t-il déteint sur le pèlerinage, lui ôtant une part de son attrait ?
La fréquentation importante du chemin du Puy explique la multiplication des initiatives commerciales et logistiques visant le public des marcheurs et la clientèle potentielle qu’ils représentent. N’est-ce pas aux usagers, aux pèlerins de rester sobres dans leurs demandes pour modérer l’extension d’offres trop sophistiquées ? N’est-ce pas aux pèlerins d’indiquer par leur spiritualité, leur goût pour la simplicité ?
Si, par exemple, les prix de certains hébergements ont subi une inflation disproportionnée, prenant parfois en otages des pèlerins privés de choix, comment ne pas interpeller les chrétiens à devenir encore plus accueillants et les hébergements d’Eglise à être attentifs à leurs tarifs – s’ils n’ont pas choisi le « donativo » ! – en restant dans la simplicité et l’accueil fraternel ?
Quel témoignage dispenseraient les chrétiens s’ils préféraient s’assurer, par l’accueil, des profits substantiels plutôt que de se fier à la Providence divine en accueillant le Christ en nos frères nécessiteux ?
" A tous je fais cet appel, de ne pas considérer le pèlerin comme un client ordinaire. "    
Sans aucun doute, notre responsabilité serait engagée, si nos comportements d’hôtes participaient à trier les pèlerins en fonction de leur niveau de fortune ou à décourager de futurs marcheurs d’entreprendre le pèlerinage pour des motifs financiers. Déjà, bien des jeunes, plus impécunieux, ont déserté la Via Podiensis, réputée maintenant trop onéreuse.
La crise économique pourrait bien rapidement diminuer la fréquentation actuelle, laissant les hébergeurs professionnels en difficulté*. Faut-il leur conseiller de modérer leurs prix de nuitées ? (2 nuitées à 12 euros ne valent-elles pas mieux qu’une nuitée à 16 ?) et de prévoir des propositions « éco » ?
A tous je fais cet appel, de ne pas considérer le pèlerin comme un client ordinaire. Adaptons-nous à ses besoins de simplicité et de contact, plus que de confort. Sa gratitude et sa joie retomberont sur nous. Que les chrétiens du chemin rivalisent de générosité et de charité pour répandre l’esprit de communion et défendre, dans notre monde d’argent, la vertu d’hospitalité ! Certains, ainsi, ont accueilli des anges…
*Les pointages actualisés de la fréquentation de la Via Podiensis indiquent déjà une stagnation de la progression.

Retrouvez la lettre complète ci-dessous


Jean-Marc Lucien
Lu 945 fois