J’entends… « Le pèlerinage est pour tous, il n’appartient pas aux catholiques ! » Ah ! Bon ! Vous avez déjà vu des catholiques refuser l’entrée de leurs églises aux non croyants ? Que je sache, l’attribution d’un crédential ou d’une créanciale n’exige nullement de profession de foi, ni même de certificat de baptème ! Si le chemin est à tous, le pèlerinage n’est-il pas pour tous, n’appartient-il pas d’abord à Dieu et à ceux qui l’empruntent en en respectant l’esprit ?
Les passionnés du chemin de Saint Jacques qui s’activent pour le promouvoir sont-ils conscients des raisons de l’attraction de ce pèlerinage sur l’âme contemporaine ? Assurément non.
Risquons une hypothèse :son attraction serait due à son mystère et son mystère, dans un monde perdu dans le matérialisme et la peur, résiderait dans cette soif de communion étanchée par la Présence d’un Dieu d’amour qui appelle ses pèlerins à venir le rejoindre. Des millions de pèlerins lui ont répondu, dans un esprit de foi et avec l’espérance du Sanctuaire définitif, et se sont élancés depuis des siècles et s’élancent encore vers Santiago.
Enfin, ni ceux qui veulent profiter de cet engouement pour en faire une niche économique valorisant des territoires traversés sinistrés, ni ceux qui aimeraient déchristianiser ce pèlerinage pour en faire une « pérégrination de cheminants vers le cap Finistère », zappant ainsi au passage le Sanctuaire galicien de Saint Jacques, ne sont de taille pour s’opposer à ce grand mouvement spirituel profond, inspiré par Dieu et datant de plus de douze siècles : l’inanité de l’orgueil ou de la cupidité humaine que d’aucuns érigent en vertus admirables confine à l’ignorance, voire davantage…
Ils ne rendent service à personne, sauf à celui qu’il ne convient pas de nommer ici pour lui éviter une publicité déplacée.
Répondons à l’appel de Saint Jacques, lancé depuis Compostelle, à des hommes libres en recherche de vérité. Soyons fiers et heureux de ne pas édulcorer ce « premier itinéraire européen de spiritualité chrétienne » !