Les chemins de Saint Jacques

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Magnifique témoignage d'une fidèle Hindouiste, disciple de Krishna

...Quand je suis arrivée au couvent, j'ai été prier dans leur superbe chapelle. Je méditais quand une dame est arrivée et m'a demandé si je savais où dormir. Je lui ai expliqué que j'étais moine et que je cherchais juste un toit et de l'eau.



Paris, le 7 septembre 2007.

Magnifique témoignage d'une fidèle Hindouiste, disciple de Krishna

      Chers amis,

     Plusieurs d'entre vous m'ont demandé de partager les enseignements que j'ai retiré de mon pèlerinage… Alors je vais vous l'écrire, en espérant que vous pourrez m'aider à progresser par vos observations.
     J'ai préparé mon sac en Aveyron, avec au départ un sac de couchage, une tenue complète de rechange (sari etc.), un pull, un pantalon de pyjama, un T-shirt, des pommades pour les entorses et les brûlures, 1 coupe-vent, des affaires de toilette, un carnet de notes, la crédanciale (carnet qu'on fait tamponner à chaque halte, obligatoire en Espagne comme preuve d'être pèlerin), la coquille St Jacques, mon jappa, le premier chant du Srimad Bhagavatam, des kartalas, la murti de Sri Bala Gopal et un cadre avec Sri Nrsingadev. Ce sac pesait 10 kg.

En France :



     Je suis partie là où je m'étais arrêtée l'an dernier, une trentaine de km avant Cahors, au couvent des Filles de Jésus. J'y suis arrivée le 5 août au soir après 4 heures d'auto stop avec des personnes très gentilles (env. 6), qui ont toutes pris du gâteau que j'avais fait pour l'occasion.

     Quand je suis arrivée au couvent, j'ai été prier dans leur superbe chapelle. Je méditais quand une dame est arrivée et m'a demandé si je savais où dormir. Je lui ai expliqué que j'étais moine et que je cherchais juste un toit et de l'eau. Elle revenait d'Inde et a reconnul e sari. Elle m'a logée dans une très belle chambre pour les pèlerinse t m'a invité à partager leur repas. Sur ce pèlerinage normalement, tout est payant (env. 20-30 euros la demi-pension, 10 euros juste le dortoir). Il y avait une dizaine de pèlerins plus une vingtaine de sœurs du couvent. Elle me présentait à tout le monde comme l'Indienne végétarienne. Alors ils venaient me poser des questions sur ma religion, le temple etc. La responsable du couvent est aussi venue me demander si on était plutôt contemplatifs ou si on prêchait.

     La première semaine, j'ai marché entre 20 et 25 km par jour pour ne pas avoir d'ennuis physiques quand on commence trop vite (tendinites, foulures, ampoules). Je crois que grâce à ça j'ai pu ensuite doubler les km. Je n'ai eu qu'une ampoule ridicule : « l'ampoule de la tongue »(les chaussures que je mettais le soir pour reposer des chaussures de marche !). En France, c'est très artisanal comme pèlerinage. Il y a peu de pèlerins, peu de gîtes, 4 voies différentes, une église sur deux ouverte. Pendant 3 semaines, j'ai donc bricolé. J'ai parcouru 500 km env., dormi en moyenne une nuit sur deux dans un gîte, mangé les fruits du chemin, abondants, et mendié du pain. J'ai dormi aussi sur du foin dans une écurie, avec 6 chevaux autour, sur un terrain de foot, dans des églises et chapelles ou sur leur parvis, sur une table dans une cantine d'école, au-dessus et en-dessous d'un pont, dans une grange, toujours, si possible, à côté d'un point d'eau pour laver ma tenue du jour et moi-même ( !) (dans tous les cimetières en France il y a un robinet). Ca m'a appris la tempérance, certaines nuits étaient difficiles, froides, surtout après que j'aie donné le sac de couchage, mais alors avec la dualité de ce monde matériel, ensuite j'avais de bonnes surprises ! Ca m'a appris aussi la détermination, de continuer quelles que soient les conditions. Pour la nourriture aussi, j'ai appris énormément. Même le pain rassis de 4 jours que j'ai reçu était devenu un trésor et il m'est arrivé de ramasser de la nourriture laissée par des pèlerins précédents.

J'ai vécu aussi une belle collection de moments forts, de rencontres très chaleureuses :

     J'ai marché toute une journée avec Pierre-Philippe, père de 5 enfants, qui est responsable de l'enseignement chrétien dans les lycées de l'Est de la France. On a parlé de Dieu et de l'institution religieuse toute la journée. Il arrivait au bout de son pèlerinage cette année après 3 semaines et moi c'était le début. Il a lu des passages du Srimad Baghavatam, qu'il n'a pas pu accepter en cadeau mais m'a offert le Nouveau Testament. On a échangé nos coordonnées et quand il est rentré chez lui, il a appelé très gentiment ma maman pour la rassurer parce que je lui avais répondu à ce propos que je n'aimerais pas être à sa place avec une fille pareille. Elle a beaucoup apprécié son initiative.

     En marchant avec Pierre-Philippe, on est arrivé à la chapelle St Sernin, une magnifique chapelle perdue en plein champ. J'ai décidé d'y dormir, bien que Pierre-Philippe ait généreusement proposé de payer une place au gîte d'après pour moi. Comme on est nomades, on tisse plus vite des liens très chaleureux et d'entraide entre nous. J'ai été super contente quand j'ai rencontré des jeunes qui n'avaient rien non plus et à qui j'ai pu donner tout ce que j'avais. Je me suis rendue compte que j'avais plus que je ne pensais à ce moment-là. J'ai toujours fait attention à donner immédiatement toute la nourriture que j'avais. Je n'en ai jamais gardé et pourtant, sauf très rarement, j'ai pu manger à ma faim.

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