Conseils pratiques et éclairages spirituels
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Magnifique témoignage d'une fidèle Hindouiste, disciple de KrishnaEn Espagne :
En Espagne, c'était différent. Il y avait un chemin essentiel, beaucoup de monde puisque la majorité des gens cheminent sur toute la partie espagnole uniquement. Les pèlerins arrivaient d'Espagne, du Danemark, du Japon, de la Corée (elle a pris plein de photos du sari dans les Pyrénées avec les brebis… ça devait être drôle !), d'Allemagne, d'Autriche, de Hongrie, de Hollande (depuis 3 mois à pieds celui-là), d'Irlande, de Belgique… Les chemins étaient plus souvent dallés et non plus de la terre. Tout autour c'était grillagé, cadenassé, victime de son succès… Il y avait beaucoup plus de monde, plus de contacts entre pèlerins, beaucoup moins avec la population. C'était aussi beaucoup plus commercial, moins religieux contrairement à ce que je m'attendais. Toutes les églises étaient fermées, sauf les essentielles ouvertes à partir de 18 heures pour lamesse. Les deux premiers jours ont été très durs. Je trouvais difficilement à dormir et à manger. Le premier jour j'ai du marcher 44km, dont 24 de côte en montagne (vite grâce à Luc un randonneur chrétien très rapide) avant de trouver un refuge à la nuit tombée. Il n'y avait plus de granges, plus d'abris, plus rien, j'avais perdu un peu mes repères du chemin français. A un moment, j'avais décidé de rejoindre una utre chemin vers Compostelle aussi artisanal qu'en France en bord de mer mais à ce moment, j'ai rencontré un croyant, Luis Maria, qui m'a remis sur le chemin et offert du riz de paëlla !
La plus belle rencontre a été celle de « Padre José », un ouvrier de 61 ans. Je l'ai rencontré alors que j'avais marché plus de 40 km et une nuit sans manger. J'étais triste et déçue, toutes les églises étaient fermées… Je lui ai demandé un peu de pain. Il a eu un beau sourire, est parti endisant « seguro chica, seguro ». Il est revenu s'asseoir sur le banc à côté de moi avec du pain, du fromage, des noix, du jus de raisin pour moi et sa carafe à vin espagnole avec un bec verseur pour lui… Ce qui m'a le plus touchée c'est qu'il soit venu s'asseoir à côté de moi et qu'on partage ensemble ce pain. Il était très chaleureux et proposait detout à tous les pèlerins qui passaient et je l'aidais et on était simplement heureux. Je lui ai dit que je faisais la même chose que lui en fait dans le temple: distribuer des repas aux « pèlerins » du temple. Dans son village, l'église était fermée mais lui était bien là pour encourager les pèlerins, du coup je l'ai appelé Padre José. Ca le faisait bien rire. Et on était tellement heureux simplement là sur le banc à distribuer la nourriture aux nombreux pèlerins qui passaient, que la majorité s'arrêtaient pour parler avec nous et j'ai rencontré beaucoup de pèlerins ce jour-là. : Alexia, Vicente, Santiago, Raqel, José, Guy, Flo,Tonie, Pascal, Rolf, Kurt… Ils prenaient tous José et le sari en photo. Il y avait des gens aussi à qui Annick et Guy avaient parlé du temple et du pèlerinage qui sont venus prendre des photos et discuter avec José, c'était drôle. Tout le monde croyait qu'on était dela même famille ! Il m'a montré ses poules. Je suis restée plus d'une heure avec lui et je pense que si j'ai pu continuer sur la partie espagnole c'est beaucoup grâce à sa chaleur. On a échangé nos adresses en partant. Il va essayer d'arrêter la viande et le poisson, au moins quelques jours il m'a dit. Je ne l'oublierai jamais. Il est l'incarnation pour moi de l'auvergnat de Brassens : « ce n'était qu'un bout de pain mais il m'a chauffé le cœur et dans mon âme il brûle encore». C'était un homme au cœur magnifique. Je l'ai remercié de m'avoir nourrie le cœur, bien plus que de pain.
J'ai rencontré aussi Caroline, une jeune parisienne chrétienne qui est partie plusieurs fois à Calcutta aider la mission de Mère Thérésa. J'ai beaucoup marché et parlé avec elle, par intermittences pendant plusieurs jours et une soirée. Elle était très sympa et intéressante, passionnée par la culture indienne.
Enfin, le dernier jour, j'ai marché les derniers km avec Rym, une mexicaine catholique et Nuria une espagnole. Rym adorait les saris alors je lui ai donné le bleu et je lui ai appris à le mettre sur le chemin. Les autres pèlerins rigolaient beaucoup et Nuria prenait les différentes étapes en photo. Rym était très heureuse et a gardé le sari toute la journée. Moi le dernier jour, je retrouvais une autre en sari !
A Logrono, où je me suis arrêtée cette année, le curé m'a donné RDV pour recommencer l'année prochaine de son église (de ST Compostelle !) et j'ai rencontré une épicière, Jesus Maria, qui m'a donné des chips et un baiser de bénédiction et que je dois retourner voir l'année prochaine aussi ! Les enseignements majeurs du chemin cette année pour moi :
Cequi m'a le plus touchée c'est l'apprentissage de la faim et du froid, la peur parfois de ne pas trouver de lieu pour dormir, surtout au début. Après j'ai pu de plus en plus me fier à Dieu, dont je sentais toujours la protection. Je n'avais pas peur de dormir n'importe où car je chantais toujours la prière à Nrsingadev (émanation de Krsna quiprotège) avant et je faisais un arati avec de l'encens, et une bougie. Mais si j'imagine les mêmes conditions sans la foi, c'est insupportable! Il existe des gens qui ont faim, qui ont froid et qui ne croient pas. Leur vie est pire que l'enfer. Je me suis dit que je ne pouvais plus me contenter d'avancer égoïstement dans ma spiritualité dans le temple, dans des conditions privilégiées mais qu'il fallait apporter tout ce trésor au maximum de gens, même au risque de tout perdre, même à mon simple niveau. Je pense que les dévots peuvent apporter la conscience de Krsna en tant que personne aux chrétiens, la compassion à travers le végétarisme. Je pense aussi que les chrétiens peuvent apporter beaucoup grâce à leur perception de Dieu en chacun, qu'ils développent bien. Pour la plupart des gens que j'ai rencontré, le plus simple à comprendre était le végétarisme pour le poisson et la viande, les œufs déjà c'était plus difficile, le café, le vin et la cigarette encore plus. Ce pèlerinage m'a appris à essayer d'être plus humble. J'étais contente certains jours de trouver un reste de pain sur le chemin par terre et je remerciais alors Krsna, moi qui avant n'aimais pas le pain blanc… Maintenant, quand je vois de la nourriture par terre ou jetée, ça me fait vraiment un pincement au cœur, depuis que j'ai expérimenté ce type de faim qui ne sait pas combien de temps ça va durer. J'ai partagé des fruits avec des oiseaux, des fourmis, des chiens. J'ai aussi appris que la nourriture essentielle provient du cœur des gens et touche directement le nôtre. J'ai appris la manière de le distribuer, directement du cœur. J'ai appris la solidarité des nomades. Quand on n'a plus de lieu fixe, qu'on lave ses affaires tous les soirs à la main pour le lendemain, qu'on dépend totalement des autres pour tout. On se sent très petit et en même temps partie d'un grand ensemble solidaire. J'ai aussi appris à reconnaître le faux ego qui dit « ce soir je n'ai pas le courage de mendier pour manger ou dormir, je reste dormir dans la nature ». J'ai aussi décidé de sortir du cocon protecteur du temple où on progresse effectivement plus facilement dans la spiritualité et se purifie mais plus égoïstement. On se transforme personnellement mais on participe moins à la vie du monde. J'ai décidé de reprendre le risque du monde tout en essayant de progresser spirituellement… Aïe aïe aïe ! Merci pour votre aide et votre amour, Sans votre aide, je n'aurais jamais pu faire ce pèlerinage et je n'aurais jamais eu le courage de repartir. Claire. Jacques Jouenne Depreux
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S'exonérer du tourisme au Départ du Puy en Velay - Le GR65 n'est pas le Chemin de Compostelle, il l'emprunte !

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