Conseils aux pèlerins

Prendre le chemin de Compostelle

Faire Compostelle est à la mode. " J'ai fait trois fois Compostelle " m'a dit un jour un pèlerin, " dont une fois du Puy à Conques ". Ayant été invité parmi les "écrivains du chemin", voici donc quelques réflexions sur le thème " Prendre le chemin ".



Au portail de l'abbatiale de Saint-Gilles du Gard, saint Jacques le Majeur et l'Epître
Au portail de l'abbatiale de Saint-Gilles du Gard, saint Jacques le Majeur et l'Epître
A ceux qui ont décidé ou envisagent de « faire Compostelle ».

• Prendre le chemin de Saint-Jacques, ce n’est pas « faire un GR », c’est entrer dans une démarche. Ce chemin a une histoire, des bases millénaires, une légende mais aussi des éclairages plus récents. Dans l’inconscient collectif, il est porteur d’un certain esprit. Cet inconscient est hérité du Moyen Age chrétien, revisité par les clercs et les érudits du XIXe, alimenté par les expériences pèlerines contemporaines. Le mot « pèlerin » désigne celui ou celle qui prend le chemin, même sans l’intention d’effectuer un pèlerinage religieux.

• L’expérience pèlerine contemporaine a plusieurs composantes. Il y a d’abord celle de l’abandon du confort des habitudes (le pèlerin quitte ce qu’il a) et du dépaysement (le pèlerin est étranger là où il va), vient ensuite, pour qui pèlerine à pied, la nécessité d'un effort physique soutenu (le pèlerin y est peu habitué) puis la (re)découverte de la nature (qui n'est pas toujours clémente). En marchant le pèlerin, même s’il est en groupe, fait aussi l’apprentissage de la solitude puis de la rencontre avec d’autres pèlerins, facilitée par tout ce qu’ils ont en commun.
 
• Prendre le Chemin c’est répondre à un appel, s’inscrire dans une tradition. On ne s’y engage pas impunément. Abraham est le symbole de la mise en route sur un chemin, à la recherche de sa vocation, en réponse à un appel mystérieux. Il y a un peu de lui en chacun de ceux qui prennent le chemin de Compostelle ou s'engagent dans tout autre démarche pèlerine.

• Prendre le Chemin, marcher, engendre une activité spirituelle. (Les ampoules, disent certains, éclairent l’esprit ...). Qui a la chance de faire une marche de longue durée en constate les bienfaits progressifs : elle éveille les sensations, excite les émotions et favorise l’approfondissement spirituel.

• Prendre le Chemin, s’est s’engager dans une aventure sans risques mais aux perspectives souvent insoupçonnées. Une des conséquences imprévues du développement du pèlerinage contemporain a été la redécouverte de l’hospitalité, une des œuvres de Miséricorde médiévale, que les pèlerins pratiquent entre eux et à laquelle d'autres sont invités.

• Prendre le Chemin, c'est aussi pour certains découvrir saint Jacques, celui que les pèlerins médiévaux vénéraient dans de nombreux sanctuaires. Il n'y a pas de saint Jacques-de-Compostelle, comme il y a un saint François-d'Assise ou une Thérèse-de-Lisieux. Le saint vénéré à Compostelle était galiléen, pas galicien. C'est lui qu'implorait Saint Louis, demandant sur son lit de mort le " sacrement de Monseigneur Saint-Jacques". Au Moyen Age il était considéré comme rédacteur de l'Epître et à ce titre, le passeur des âmes qu'il accompagnait le long de la Voie lactée.


Louis MOLLARET
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La 15e Rencontre des Hospitaliers de Saint Jacques de Compostelle

Compte-Rendu « Nous sommes le corps du Christ, chacun de nous est un membre de ce corps, Chacun reçoit la grâce de l’Esprit pour le bien du corps entier »




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