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Preparation Physique et état du chemin (ou pourquoi aller à Compostelle)
Sous le titre "Preparation Physique a ne pas sous-estimer" une pélerine nous apporte une longue réflexion sur l'état du (de son) chemin, au sens propre comme au figuré et je souhaitais à la fois présenter ses réflexions et répondre à celles-ci, avec ma propre expérience, de la façon la plus proche de l'esprit du chemin de St-Jacques.
De l'état du chemin entre le Puy et Conques (et au-delà d'ailleurs...)
Notre Internaute : "...Dans mon esprit, je pensais qu'il serait soit pavé mais surtout plus ou moins plat et bien entretenu, certainement pas rempli de cailloux de toutes sortes, extrêmement boueux par moment, et demandant de passer au travers de champs dont les arbres ont été arrachés, après la pluie et avec 15 % de dénivelé, je peux vous dire que certains endroits sont des vrais dangers pour les gens. Les plus expérimentés des voyageurs étaient choqués de l'état du chemin, une heure avant d'arriver Livinhac le Haut. Le chemin ressemble plus à une patinoire, à certains endroits qu'à un chemin et il est presque obligatoire d'avoir avec soi, un bâton, si ce n'est pas deux pour se tenir en équilibre..."
Ce que j'en pense : L'état des chemins dits de grandes randonnées est en France à la charge des communes et sous la responsabilité de la Fédération Française de randonnée. Elle fait bien son travail, mais un chemin reste un chemin (heureusement) et si l'on souhaite marcher sur du bitume ou du goudron (comme malheureusement certains secteurs en Espagne) c'est toujours possible car moult routes longent et recoupent le Gr65. Ceci étant un chemin reste un chemin et subit les dégats des pluies et gels que la nature nous dispense et si l'on trouve que ceux-ci deviennent de plus en plus violent il faut en chercher les causes, sans doute aussi notre responsabilité individuelle et collective, mais ne pas s'en prendre au Chemin de st-Jacques. (j'y reviens d'ailleurs juste en dessous!)
Promenade, randonnée ou voyage, c'est quoi le Chemin de St-Jacques ?
Notre Internaute : "...Je dois prévenir les gens qui vont aller sur le Chemin qu’il faut être un bon randonneur et plus un randonneur de montagne qu’un randonneur de « campagne » si je puis m’exprimer ainsi...si c’était à refaire, je choisirais des étapes plus courtes et plus plates...qu’il faut s’attendre à monter et descendre pas mal...A partir de Conques et pendant une heure, on ne peut pas parler de "marche" mais de "grimpe"..."
Ce que j'en pense : Le chemin vers le tombeau de l'Apôtre, chère Internaute, n'est pas une promenade ni un voyage touristique à travers un plat pays qui n'est d'ailleurs pas le notre, mais un lent et long cheminement à travers monts et vallées entre la France et l'Espagne, qu'ont parcouru avant nous des centaines de milliers de pélerins à travers les siècles, dans des conditions qui nous sont impensables de nos jours. C'est à la fois un condensé de la vie, avec ses bons moments et ses grandes souffrances, et aussi une manière de se retrouver dans le plus profond de notre être, de partager avec l'autre des temps que nous ne sommes pas capable de vivre dans notre vie de consommateur moyen, où la carapace disparait pour faire place à ce qui est vrai au fond de nous.
Accepter de partir, en se laissant porter par le chemin, le coeur ouvert, en laissant derrière soit les repères et les clefs de la maison et tout ce qui a fait vos peurs et vos angoisses vont disparaitre pour faire place à la joie d'un confiance retrouvée dans la Providence et Celui qui est derrière et nous pousse à partir à St-Jacques de Compostelle.
Réserver, la peur au ventre de ne trouver où dormir...
Notre Internaute : "...L’autre problème, je dois le signaler aussi fut le logement. Nous partîmes le dimanche 13 Mai a partir de Conques et jusqu'à Cahors, tout les gîtes communaux semblaient être complets. Nous nous sommes demandés comment le chemin pouvait accueillir les pèlerins l’été, si déjà en Mai, tout était plein. Apparemment Mai est la période la plus occupée car les pèlerins qui veulent faire toute la route jusqu’a Santiago, partent début Mai pour arriver en Juillet avant les grosses chaleurs a Santiago. Avec ceux qui prennent une semaine durant les ponts du mois de Mai, il semblerait que ce ne soit pas la meilleur période pour partir. Ou alors il faut réserver tout du long, ce qui gâche un peu la spontanéité du voyage. C’est un point à savoir..."
Ce que j'en pense : C'est surtout un point à oublier ! Surtout ne réserver rien et comme je l'ai dit juste avant, laissez-vous porter par le chemin; la Grâce est partout et ne vous abondonnera jamais pour peu que vous sachiez la discerner. C'est juste l'état d'esprit dans lequel vous êtes partie, faire une rando, sur des chemins bien balisés, propres, sans risques ni obstacles, le facile de la vie quoi ! Et le chemin vers St-Jacques c'est tout autre chose et surement pas le côté facile; C'est un chemin de recherche et de grande espérance, et puisque vous parlez de la foule de pélerins du mois de mai, je vous offre ce témoignage d'une pélerine qui s'est arrêtée chez nous à St-Privat d'Allier le 11 mai 2007 :
Hélène : "...Vous m'avez offert l'hospitalité le 11 mai dernier. Je voulais vous remercier encore une fois pour la chaleur de votre accueil et surtout vous remercier de vos bons conseils. Ce matin là, environs 200 pélerins prenaient la route pour Compostelle. Moi, n'ayant rien réservé, je partais avec la peur de ne trouver où me loger. Vous m'avez tout de suite arrêté dans cette démarche et expliqué qu'il fallait arrêter dès maintenant la "course au gite", qu'il fallait faire confiance à la Providence, que voyageant seule je trouverai toujours une solution. Vos paroles m'ont accompagnée tout au long de mes jours de marche jusqu'à Conques. Elles m'ont également permis de prendre conscience que bien que croyante, je n'avais pas confiance en Dieu. J'ai donc quitté votre foyer avec l'envie de faire naitre et croitre ma confiance en Dieu.
Ce premier tronçon de pélerinage fut d'une richesse exceptionnelle. Non seulement j'ai toujours trouvé où me loger mais à St Côme d'Olt, voyageant avec 6 compagnons plus ou moins abimés rencontrés sur le chemin, Soeur Anne Marie nous à ouvert les portes du presbytère. Mon tapis de sol m'a donc servi!
Comme vous le dites si bien "chacun sont chemin", et bien je viens de vivre une très belle aventure humaine. J'ai touché du doigt ce que peut être la vie en avançant en faisant confiance à Dieu. Il me tient à coeur de cultiver et faire croitre cette confiance.
Merci de m'avoir mis dès cette première étape dans le droit chemin..."
Voilà chère Internaute le fond de ma pensée
Alors que vous proposer ?
Peut-être d'oublier ce que vous avez fait et vécu...?
Peut-être prendre votre bâton de pélerine et recommencer, avec une autre approche ?
Peut-être vous offrir l'hospitalité à St-Privat d'Allier, pour parler, écouter, chercher ensemble le sens de tout cela et de votre peine profande, car au fond il est évident que votre envie est de faire un beau et grand chemin...
Peut-être un peu de tout cela, aussi notre lmaison et notre coeur vous sont ouverts...à vous d'allez là où le Chemin vous porte.
Amitiés Jacquaires
Jean-Marc
Accueil chrétien à St-Privat d'Allier
www.accueilstprivat.com
Internaute, répondu par Jean-Marc
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