ALTER CAMINO ?

Il ne s’agit pas, bien sûr,  des multiples variantes  permettant aux pèlerins de quitter de temps en temps le G.R.65 pour découvrir un beau site ou un sanctuaire.  Ce chemin de pèlerinage permet de découvrir, jour après jour,  combien il répond aux besoins de vie simple, de fraternité, de liberté, de convivialité et de solidarité, de réflexion, de contemplation … pour bien de nos contemporains. S’y ajoutent les rencontres intergénérationnelles, interculturelles, interna-tionales…

« Sur le chemin, je me débarrasse du superflu, je me déleste des choses inutiles », « Je peux enfin prendre le temps de m’arrêter pour contempler une fleur, un insecte qui vole… »« Je peux éteindre mon téléphone dans la journée et ne le rallumer que le soir… »

Pouvant discerner ainsi plus clairement ce qui est essentiel, un grand nombre de pèlerins, particulièrement des jeunes, désirent s’installer au bord du chemin. Des projets de vie simple, collective et partagée, les font rêver ! Cette ouverture possible vient souvent après l’expérience de ce pèlerinage qui rejoint leur besoin de cohérence de vie. Sensibles à la « sobriété heureuse », cherchant à donner du sens à leur travail, toutes les formes d’économie alternative les attirent : permaculture, accueil dans le don réciproque, entraide, micro-économie solidaire, responsabilité écologique… Le Pape Françoisouvre cette voieécologique dans une perspective chrétienne :

chemin de Saint Jacues« La crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure ». (Laudato si N°217)

« La conversion écologique requise pour créer un dynamisme de changement durable est aussi une conversion communautaire ».(Laudato si N°219)

« Cette conversion (…) implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire, reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses. » (Laudato si N°220)

« On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière. » (Laudato si N°223)

 

Le vécu existentiel des pèlerins en chemin les place dans une perspective radicalement différente des évolutions contemporaines d’un monde dérégulé et en changement acceléré :

  • l’homme augmenté par la puissance technologique sans  limites,
  • l’expansion urbaine infinie et la désertification des territoires,
  • le réchauffement climatique qui menace la planète et la santé des plus fragiles,
  • la croissance économique et sa financiarisation toujours plus dispensatrice d’inégalités et de pollution.
  • les dégâts humains collatéraux d’un rythme toujours plus effréné où l’homme ne trouve plus sa place  ni de justes relations aux autres…

Nous vivons un tournant de civilisation où des choix de société vont devoir émerger.

Ce constat posé, aurons-nous assez d’audace pour transformer notre vie quotidienne après cette expérience ?

Renoncement… Dépouillement… Ralentissement !

 

Elisabeth

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Publié dans Eclairages spirituels