“Loué sois-tu Seigneur” * pour le chemin de Saint Jacques…

Paradise de Lucas Cranach the Elder

Paradise de Lucas Cranach the Elder

Partir en pèlerinage sur le chemin de Saint Jacques et en épouser progressivement l’esprit, c’est vivre une conversion profonde, sociale, écologique, spirituelle qui renoue ce qui était délié, rapproche ce qui était séparé, régénère ce qui était amputé. Le corps se remet en marche, l’esprit se libère des agressions de la vie moderne et change de rythme, les désirs s’apaisent et s’ordonnent vers la simplicité ; la consommation devient sobre, la relation aux autres, gratuite sans domination ni séduction, les peines et les soucis s’atténuent…« Tout est lié » : la relation avec l’environnement, avec les autres… et avec Dieu. Encore faut-il entrer avec modestie dans le chemin : on ne fait pas plus le chemin qu’on ne le prend, on l’emprunte, on le reçoit avec gratitude et respect pour ceux qui nous y ont précédés et pour Dieu qui l’a suscité. Encore faut-il accepter de se déprendre de ses habitudes, d’arrêter de vouloir communiquer avec tout le monde sans cesse, avec téléphone et internet, pour privilégier le contact direct, éviter de faire suivre « armes et bagages » comme certains puissants du Moyen Age, pour se contenter de peu : le pèlerinage est une cure et une école de vie.

Quasiment privés de notre part contemplative dans la vie ordinaire mangée par l’activisme, l’efficacité et le rendement, le chemin peut nous redonner cet équilibre si précieux. Non pas en parcourant des yeux et en captant frénétiquement par photos interposées les spectacles offerts, mais en « contemplant de l’intérieur » ce qu’il nous est donné de rencontrer pour « faire l’expérience de la connexion intime qui existe entre Dieu et tous les êtres », car tous les êtres nous parlent de Dieu. « Tout est lié », répète le Pape François avec insistance, le respect de l’environnement, le respect de toute vie humaine, le respect et la protection de nos frères et sœurs et, notamment, des plus démunis, des plus blessés, des plus désespérés, comme on peut en voir aussi sur le chemin. Contempler et servir, comme les sœurs de Béthanie, Marthe et Marie, vis-à-vis de Jésus, c’est ce que le pèlerin peut continuer à vivre pleinement au retour, comme hospitalier sur la voie de Compostelle, comme serviteur de cet « hôpital de campagne » si cher à notre Pape.

 

* Emprunté de l’encyclique « Laudato si » au Pape François

Léonard, Lettre de l’hospitalité

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Publié dans Beauté de la nature