Sur les pas de Benoît d’Aniane et de Guillaume d’Orange …

Récit de la marche du 7 avril 2018 sur le chemin de Compostelle d’Aniane à Saint Guilhem le Désert sur les pas de Benoît d’Aniane et de Guillaume d’Orange …

Dans le cadre des 20 ans de l’inscription des « chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France » sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco, la pastorale d’évangélisation sur le chemin, avait organisé une marche sur les pas de Benoît d’Aniane et de Guillaume d’Orange, à laquelle les Amis des Chemins de St Jacques en Languedoc-Roussillon se sont associés, manifestant ainsi leur désir commun de traduire dans les faits le partenariat signé entre Webcompostella et la Fédération Française des Associations des Chemins de Saint Jacques de Compostelle. Rendez-vous à Aniane avait été donné à l’Abbatiale Saint-Sauveur où les marcheurs ont été reçus par le Père Jean-Louis Lignon, curé de la paroisse. Il exprima sa joie d’accueillir la soixantaine de « pèlerins’’ d’un jour venus de tous horizons.Marche Hérault

Daniel Blénet, grand connaisseur de l’histoire, n’a pas eu assez de temps pour évoquer dans tous les détails l’histoire de douze siècles d’histoire à l’abbaye d’Aniane. Il expliqua qu’en 782, Wittiza, mieux connu sous le nom de Saint Benoît d’Aniane fonda l’abbaye bénédictine sur le territoire du futur village d’Aniane. Benoît construisit un monastère incluant une église dédiée au Saint-Sauveur. Rivale de Gellone au XIème siècle, l’abbaye d’Aniane a connu des périodes d’affaiblissement et d’épanouissement au long du Moyen Âge. En 1633, l’abbaye est rattachée à la congrégation bénédictine de Saint-Maur. Les mauristes s’engagent dans un long chantier de reconstruction des bâtiments. Désormais l’ensemble du site est classé au titre des monuments historiques en 2004 et propriété de la Communauté de communes Vallée de l’Hérault depuis 2010. Un musée, en projet, permettra aux visiteurs de connaître toutes les étapes de cette épopée. Puis le Père Lignon bénit les marcheurs qui prirent le départ en direction de Saint Guilhem le Désert entre vignes et oliviers. Etape au pont du diable, situé sur les magnifiques gorges de l’Hérault, est un ouvrage de style roman lombard construit au début du XIème siècle par décision des deux abbés, d’Aniane et de Gellone (Saint-Guilhem), inscrit désormais au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Robert Latreille président de l’association des les Amis des Chemins de St Jacques raconta la légende typique de cette période. Saint-Guilhem aurait passé un marché avec le diable en lui offrant l’âme du premier être qui passerait sur le pont terminé. Ce fut un chien. Se jetant dans l’Hérault, il créa le gouffre noir. Il est rapporté que jadis lorsque les pèlerins passaient, ils jetaient des cailloux pour l’empêcher de remonter… La route a été un vecteur d’échanges culturels et spirituels. Les édifices qui jalonnent les itinéraires des pèlerins témoignent de l’importance de la foi chrétienne dans la civilisation médiévale. Son influence s’exprime à travers des chefs d’œuvre d’art et d’architecture comme l’ancienne abbaye de Gellone. A Saint Guilhem, le Père Jean Louis Dusfour Recteur de l’Abbatiale de Gellone accueillait les marcheurs à qui il proposa de réciter la prière de l’angélus. La descente dans la crypte fut pour chacun d’une grande émotion. Guillaume d’Aquitaine se retira au IXème siècle. Guilhem est la forme occitane du prénom Guillaume. (dit aussi Guillaume de Gellone), comte de Toulouse, et cousin germain de Charlemagne. Après avoir longtemps guerroyé et exercé le pouvoir, Guilhem se consacre à Dieu et se retire du monde. Il contribue alors à fonder l’abbaye de Gellone, suivant la règle bénédictine, et s’y retire en 806. . L’abbaye qu’il y fonda est l’un des plus beaux témoignages du premier art roman méridional ; on peut y vénérer les reliques de la sainte Croix qui lui furent données par Charlemagne et qui attirèrent des foules de pèlerins. Philippe Machetel Maire de Saint Guilhem et Hubert Borg 2ème adjoint, qui ont tous deux participé à la marche, convièrent les marcheurs pour partager le verre de l’amitié, offert par la commune et préparé par la première Adjointe Madame Christine Moulieres. Monsieur le Maire, dans une courte intervention, insista sur le contexte spirituel de saint Guilhem le Désert au-delà de son attrait touristique. Il remercia les organisateurs de la marche qui sèment, d’une certaine façon par leur engagement, des graines d’humanité qui germeront pour valoriser le chemin et l’esprit du pèlerinage. Jean-Pierre Martin secrétaire de l’association Présence sur le chemin indiqua la mission de cette association qui consiste à apporter son soutien à la pastorale d’évangélisation sur le chemin, afin de promouvoir le long du chemin des lieux conviviaux de rencontre, d’écoute, de dialogue et d’échanges spirituels, susceptibles de répondre aux attentes plurielles des marcheurs et des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle et de coordonner ces différents lieux.

A noter que les pélerins peuvent faire étape à la maison Saint Elie. S’adresser aux Carmélites de Saint Joseph ✆ 04 67 57 75 80 – 06 62 93 11 74 accueil.csj@orange.fr Serge Malbec Membre du CA de Webcompostella, délégué diocésain voies d’Arles et du Piémont Pyrénéen Chemin de Compostelle, Président de Présence sur le chemin de Compostelle, remercia tous ceux qui avaient apporté leur contribution pour la réussite de cette rencontre. Il invita à une prochaine marche qui aura lieu le samedi 12 mai sur la voie du Piémont Pyrénéen, le futur GR 78 dit des Romieux, du tunnel du Malpas à Capestang ” pour toute info : voiedarles@webcompostella.com tél 06 98 85 00 97. Le début de l’après-midi fut consacré à la découverte des richesses médiévales du village. Monsieur Borg évoqua avec talent et humour le Saint Guilhem médiéval et la vie du village qui fut de tout temps un lieu d’accueil des pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle. Puis ce fut le retour vers Aniane par la vallée de l’Hérault.

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Publié dans Vie sur le chemin