UN ANE

un âneBraiements dans le lointain de prés ensoleillés,
Me guidèrent un jour pour l’ aller caresser …
Equus azinus par son cri déployé
Clamait tout son émoi d’ animal délaissé !

Un sentier rocailleux semblait aller vers lui.
Le hasard sait parfois suggérer l’ essentiel …
M’ arrêtant, j’attendais ce bel ” HI-HAN ” fortuit,
Comme ” étoile au berger ” qui contemple le ciel …

Chants d’ oiseaux dans le vent aquarellent le temps
Quand l’appel reconnu se fait par trop attendre …
Soudain, c’est sous l’ envol d’ un corbeau croassant
que ” l’artiste ” esquissa cette carte du tendre :

A la cîme d’un mur, deux petits bouts d’oreilles,
Un souffle rauque et lourd résonnait sur les pierres … !
Magie de la rencontre à nulle autre pareille,
Quand proches, et sans se voir, s’exaucent deux prières !

J’ouvrais plus haut l’enclos pour m’approcher enfin …
Il était déjà là , riant à pleines dents.
Son ” Bonjour ” valait bien qu’il eût mille câlins ,
Comme on sert dans ses bras les rires d’un enfant … !

L’âne est intelligent, ce ” bonnet ” lui va mal …
Docile et courageux, sur ses petits sabots ,
il a toujours été de mémoire ancestrale
Le serviteur de l’homme et de tous ses fardeaux.

Je n’ oublierai jamais ces précieux moments,
Ni ce regard gentil qui me revient souvent,
Ni même, après longtemps, ses soupirs et son chant … ,
Les plus beaux souvenirs se vivent au présent !

Laurent-Adrien ASSELINEAU, 7 Mars 2015

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