Accueillir à Santiago, c’est prolonger son chemin…

Les candidats ont jusqu’à la fin janvier pour répondre à l’appel aux volontaires intéressés par l’accueil des pèlerins francophones  à Santiago en 2021. Appel qu’on peut retrouver sur notre site. Accueillant pendant plusieurs quinzaines, Emile nous livre ici son témoignage.

« Au début de ma retraite, je suis parti de Paris par la voie de Tours, la plus ancienne route de pèlerinage en France (Saint-Martin). Mon premier chemin ! J’y ai vécu une expérience très profitable en tous points. Arrivé à Tours, je savais que je pouvais marcher jusqu’aux extrémités de la terre (je n’avais pas d’entraînement au départ).
Le pèlerinage se passa doucement et plein de belles rencontres, jusqu’aux dernières étapes. Là, l’idée que tout aller s’arrêter me faisait peur : est-ce que ces 73 jours de bonheur allaient avoir une fin ?

Je raccourcissais ces dernières étapes pour retarder au maximum l’arrivée à Compostelle. Car, si la question de l’après s’était posée un peu plus chaque jour, les réponses, elles, avaient pas mal de variantes.

Adhérer à une association jacquaire fut la première réponse (Compostelle 2000). Recommencer de nouveaux chemins (vers Compostelle) avec mon épouse furent la deuxième et la troisième réponse. Devenir hospitalier fut la quatrième réponse.
Et puis il fallait que je me rende à l’évidence, je n’arriverai jamais à Santiago, cette “Jérusalem céleste”. Physiquement j’y étais et j’aimais y être, toutefois il me fallait toujours y revenir. Santiago l’alpha, bien plus que l’omega… C’est un peu ce qui m’a poussé à devenir accueillant. Et puis j’ai découvert ce bonheur d’avoir une écoute et être un appui auprès des pèlerins, et au service de Saint-Jacques. J’ai effectué plusieurs quinzaines d’accueil à Santiago et, comme sur le chemin, il n’y a pas eu que du soleil.

Emile accueilllant

Emile, accueillant, ici à droite au premier rang, à l’issue de la visite spirituelle des abords de la cathédrale.

Une journée d’accueil à Santiago

La journée des accueillants et du prêtre commence la veille par la préparation de la messe.
La cérémonie de 9h, en français, a lieu à l’intérieur de la Maison de l’apôtre (la cathédrale) dans la très belle chapelle du Saint-Sauveur dite “Chapelle des Rois de France”.
A la suite de l’office, après une rapide présentation de la chapelle et la photo du groupe (une photo à chacune de nos activités) nous recevons dans notre local situé au sein du Centre international d’accueil des pèlerins, 33, rua Carretas, (là où nous recevons la compostelane) pour une pause café. Puis nous allons “marauder” dans les files d’attentes pour distribuer notre publicité. Le prêtre lui se rend à la cathédrale pour recevoir les pèlerins francophones qui le souhaitent en confession.

A 11h45, l’un d’entre nous, va à la cathédrale pour annoncer nos activités à l’assemblée et assister à la célébration de midi (à une place privilégiée pour admirer le botafumeiro).
Les autres accueillants vont aux portes nord et sud pour marauder et distribuer les documents à la l’entrée et à la sortie de la messe.

A l’heure espagnole nous allons déjeuner, chaque équipe à ses habitudes.

A 15h nous retournons au 33 rua Carretas pour préparer le partage et l’échange avec les pèlerins. C’est le moment privilégié de la journée.

Vers 17h l’échange prend fin. Après nous partageons notre ressenti sur le partage. Nous nous rendons ensuite à la porte nord, celle où le Camino Francés nous mène sur la place de l’Obradoiro.
Déployant nos pancartes et banderoles, nous attendons (en maraudant) les pèlerins pour une visite spirituelle de l’extérieur de la cathédrale, qui commence à 18h30.

Ensuite, selon les équipes, nous rentrons à l’appartement ou dinons en ville.

La journée a commencé la veille et se finit le lendemain en envoyant au grand rabouni (le secrétaire) la comptabilité et aux pèlerins passés nous voir, les photos de groupes

Si comme pour mon premier chemin je n’avais pas d’expérience, je n’en avais pas plus pour l’accueil, qui n’a rien à voir avec la fonction d’hospitalier.
Je le vis à chaque fois comme la prolongation du Camino.

En marchant vers St Jacques vous avez reçu et si maintenant vous donniez !
Ne vous demandez plus si vous pouvez le faire mais demandez vous quand ?
Venez rejoindre l’équipe des accueillants de l’accueil francophones

Emile pèlerin un jour, ……. »

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