Arlette, inlassable accueillante à Santiago

Cet été 2021 à Santiago, Arlette a enchaîné trois quinzaines d’accueil francophone à suivre. A l’invitation de la Lettre de Webcompostella, elle a accepté de témoigner de son expérience. « C’est moi qui devrais dire merci tellement j’ai reçu » confie cette bénévole admirable de 79 ans, rompant ainsi avec son habituelle discrétion.

« Je suis prête à repartir ! ». On n’arrête plus Arlette ! Revenue d’Espagne depuis une semaine, après avoir vécu six semaines d’accueil francophone à Saint-Jacques-de-Compostelle, l’accueillante de Colombes (région parisienne) ne cache pas son bonheur d’avoir accueilli depuis la mi-juillet jusqu’à la fin août.

Elle serait prête à repartir d’ailleurs s’il y avait besoin d’un dépannage. C’est ce qui s’est passé cet été. Initialement Arlette n’était prévue « que » pour la seconde quinzaine de juillet et la seconde quinzaine d’août. Mais en raison d’une défection pour cause de santé d’un membre de l’équipe de la première quinzaine d’août, elle a remplacé celui-ci au pied levé. Du coup, elle a enchaîné sans tambour ni trompette. Mais de « très bon coeur ».

On ne dit jamais assez « je t’aime »…

Arlette reçoit son diplôme de bénévole dans la cathédrale de Santiago.

Arlette a tout fait durant ses six semaines. Tout sauf la visite spirituelle des abords de la cathédrale. Pas son affaire. En revanche, tâches administratives (les comptes, un jeu d’enfant pour l’ancienne comptable), temps de partage, lecture des annonces aux messes  et surtout accueil et recherche des pèlerins l’ont essentiellement occupée.

Invitée à choisir parmi les rencontres qui l’ont marquée,  Arlette ne choisit pas. Ca vient directement du coeur : «  ces jeunes étudiants partis sur le chemin car leur université était fermée. Partis pas croyants et heureux d’être arrivés ». Mais aussi ces « familles qui marchent ensemble, c’est beau ». Et encore « ce jeune qui faisait des étapes de 60 km par jour, ou encore ce gars arrivé à Fisterra et reparti à pied en sens inverse ».

Arlette évoque aussi « cette fille venue sur le chemin à cause d’un cadeau d’anniversaire : une chemise de nuit avec une coquille dessus. Un mois après, elle rêvait qu’elle partait sur le chemin. Huit jours plus tard, elle partait effectivement ». Etonnant ce garçon qui se retrouve à une messe internationale des pèlerins mais qui ne savait pas ce que ça voulait dire communier. « Il est allé communier. Puis se confesser après »…

Il y a aussi ce pèlerin qui a pris conscience sur le chemin « qu’il ne disait pas assez souvent « je t’aime » à son épouse ». Forte de cette confidence, Arlette s’est permise lors d’un partage suivant de demander à un autre pèlerin « s’il disait souvent « je t’aime » à sa femme ». Surpris par la question, notre homme a fini par prendre son téléphone et déclarer sur le champ « je t’aime » à sa chère et tendre… Merci Arlette.

Notre accueillante témoigne aussi de ces pèlerins qui reviennent à la messe après s’être éloignés du rite pendant des années, ou d’autres qui ont redécouvert leur foi. « Les pèlerins sont tellement gentils. Je devrais dire merci. J’ai tellemement appris » conclut-elle.

Toute cette richesse humaine et spirituelle rencontrée rélègue au second plan les aléas de la vie compostellane : les difficultés pour les pèlerins à entrer dans le centre d’accueil international (trop de monde, méconnaissance du fameux QR code), les difficultés à circuler les 25 juillet (fête de la Saint-Jacques) et le … 5 septembre lorsque la dernière étape de la Vuelta (Tour d’Espagne cycliste) est arrivée … place Obradoiro, la longue attente des pèlerins pour entrer dans la cathédrale… l’impréparation de la fête de la Saint-Louis.

« C’est formidable, c’est unique » commente depuis Colombes Arlette qui tourne un peu en rond chez elle. Mais elle va bientôt repartir marcher. Et puis elle reprendra l’année prochaine un bout denchemin de Saint-Jacques. Depuis son premier chemin en 2009, tous les ans, elle marche vers Compostelle sur un tronçon.

Mais… quelque part, en six semaines d’accueil, Arlette l’a fait son chemin cette année . Notre comptable sort sa calculette : «je faisais en moyenne 15km par jour à pied à Compostelle à la recherche des pèlerins. Multipliez  15 par 45 jours  et ça fait : 675 km. Soit à peu près la distance du Camino frances depuis Saint-Jean-Pied-de-Port »…

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