Confinés

Enfermés. Entre les quatre murs de notre maison ou de notre appartement… Le lien avec le chemin est, pour ce thème, difficile à faire. Il y a bien, quand on chemine, des temps de déserts, plus ou moins longs selon la saison et la voie choisies. Ils sont parfois douloureux, ces déserts, lourds de solitude et de questions : « Mais pourquoi donc suis-je parti ? » Ce qui nous a aidés à les traverser, c’est d’avancer, de continuer la route. Cela allume une petite lueur sur le confinement auquel la plupart d’entre nous sommes confrontés. Être tendus vers l’avenir, entretenir l’espoir. Et pourquoi ne pas rejoindre intérieurement, par la prière et l’expérience, tous les religieux et religieuses contemplatifs qui ont choisi une vie cloîtrée et priante ?

Alors, confiné, oui, mais dans le recueillement et l’espérance !

Laissons la Parole de Dieu nous éclairer

Osée 2, 16

C’est pourquoi, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.

Matthieu 14, 23

Quand il eut renvoyé les foules, Jésus gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.

Méditation

“La capacité de présence croît avec celle de recueillement”.

Henri de Lubac

Telles sont les pensées avec lesquelles il convient d’entrer dans cette solennelle saison de l’année où, pour un temps, nous nous séparons les uns des autres, autant que faire se peut, ainsi que des autres bienfaits dont Dieu nous a comblés. (…) Nous serons montés comme Moïse, sur la Montagne, pour y demeurer quarante jours et quarante nuits dans l’abstinence et dans la prière. Nous serons appelés, en quelque sorte, hors du regard humain, car, bien que nos devoirs mondains demeurent et demandent à être accomplis, bien que notre présence corporelle habite le monde comme devant, voici que pour un temps nous devons être plus ou moins privés du commerce, du compagnonnage, de la jouissance les uns des autres, pour ne plus songer qu’à nous-mêmes et à notre Dieu. La terre doit s’évanouir à nos yeux. (…) Nous nous préparons dès maintenant à rencontrer notre Dieu.

Saint John Henry Newman

Nos âmes sont comme des jardins, il est bon pour eux d’être protégés. Mais combien de “sangliers” y sont passés déjà et combien “d’étrangers” à nos âmes ? Et si ce temps de clôture non choisi était propice au Seigneur pour soigner un peu ces “jardins” qu’il estime à un si haut prix ? On pourrait l’aider à tenir l’arrosoir prêt, en désherbant un peu nous-mêmes, en faisant silence pour entendre les oiseaux lui gazouiller… Les jardins que sont nos âmes, n’ont-ils pas soif de Lui ?

Sœur Anja, ancienne pèlerine, carmélite

Prière

Avec l’aide de Ste Foy, que nous vénérons à Conques, crions vers notre Dieu :

Seigneur,
Regarde notre pays, et tant de pays autour, paralysés par le confinement.
Vois ces hommes, ces femmes, ces enfants qui cherchent à vivre jour après jour, semaine après semaine, dans l’isolement de leur logement.
Que Ste Foy, qui délivre les enchaînés et les prisonniers,
nous apprenne la vraie liberté,
qu’elle nous aide à vivre ce temps de manière féconde et constructive.
Ste Foy, prie pour nous !

 

Auteur et choix des textes : Pauline Dobon
Crédits photo : Pierre Gauer

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