Convertie sur le chemin, Brigitte continue de cheminer.

Cela a été un des temps forts de la Rencontre des 20 ans de Webcompostella, à Lourdes. Brigitte Alésinas a témoigné, avec brio, de son conversion sur le chemin de Compostelle. Un « Chemin » qui est loin d’être fini pour elle. 

« Je pensais qu’il n’y avait pas plus athée que moi sur terre » reconnait Brigitte Alésinas. Et pourtant, en 2003, à Fisterra, « le Ciel » lui tombe « sur la tête ». « Là, au dernier pas, j’ai ressenti une enveloppe, une chaleur, une lumière et pour la première fois de ma vie, je me suis sentie aimée. A ce moment-là, je suis sûre d’avoir rencontré le Seigneur. J’étais heureuse, vous ne pouvez pas savoir »…

“Qui m’appelle sur le chemin?”

Au tout départ, en 2003, en visant l’Espagne, Brigitte n’a pourtant comme seul but que de retourner sur la terre de ses ancêtres, du côté de Murcia, dans le sud de l’Espagne. Elle commence alors à éplucher les hébergements possibles quand elle tombe sur une brochure présentant le chemin de Compostelle. « C’est alors devenu une évidence » pour la jeune femme qui part de Saint-Jean-Pied-de-Port, le 23 juillet 2003 dans une impréparation quasi totale. « Qui m’appelle alors sur le chemin ? Je le saurais plus tard, mais pour l’heure, c’est un mystère ». Le pèlerinage ? Elle « ne sait pas trop ce que cela veut dire ».

Brigitte Alésinas racontant sa conversion sur le chemin devant les accueillants.

Alors, vers Compostelle, Brigitte, qui était trouillarde, aime marcher seule. Elle savoure la nature, l’hospitalité, les rencontres. En cheminant, elle laisse « l’humain trouver sa place ». Le silence lui montre une autre voie possible dans sa destinée. « Le silence est un cadeau pour qui sait l’écouter » glisse-t-elle.

“J’ai rencontré le Seigneur”

Au fil des pas, Brigitte sent « qu’elle commence à marcher différemment », avec « deux sacs : le sac à dos et le sac à coeur, ce dernier étant encore un peu plus lourd à porter ». Des larmes coulent.

Au bout de quatre semaines, elle « éprouve une joie au coeur jamais ressentie ». Mais en arrivant à Saint-Jacques de Compostelle, « quelle déception ». Un pèlerin lui dit : « tu devrais continuer, Il t’attend ». Mais Brigitte ne sait pas à cet instant ce que cela veut dire. Elle part en bus pour « fuir Santiago », reprend la marche le lendemain et arrive à Fisterra à pied. Et c’est donc à Fisterra que se produit la Révélation. Elle comprend alors qui l’appelait sur le chemin ! Et qui est Celui qui l’attendait…

Au retour, elle lance à ses deux enfants : « j’ai rencontré le Seigneur, moi qui n’étais pas croyante ».

“Pèlerin toute sa vie”

Pendant huit ans, Brigitte n’en parle à personne de son entourage proche, par crainte de n’avoir pas les mots, de se sentir incomprise. En 2011, grâce à un accompagnement spirituel avec un prêtre, elle peut enfin mettre des mots sur ce qui lui est arrivé et elle s’en ouvre à son entourage. Une religieuse ignatienne lui apprend à lire et relire « pour relier ». Peu à peu une nouvelle vie de convertie s’installe chez Brigitte. « J’étais partie randonneuse, je suis arrivée pèlerine. Et je le suis restée, car on est pèlerin toute sa vie ».

Cette conversion transforme intérieurement Brigitte : «  je me suis aperçue que j’étais conduite dans ma vie, que je pouvais faire confiance au Seigneur ». Elle devient hospitalière, exprime son intériorité par l’art, apprécie la beauté de la vie. Elle découvre que « pour aimer l’autre, il faut s’aimer soi-même ».

Pas une parenthèse

Puis Brigitte se met à écrire Compostelle, les mots du Chemin (1), un abécédaire inspiré par sa propre expérience. Puis, les engagements continuent, notamment à Webcompostella. « Le chemin n’est pas une parenthèse dans ma vie » conclut-elle. « Je n’ai plus besoin de faire le chemin, je le continue par mes activités ».

Le Chemin de 2003 de Brigitte Alésinas ne connaît pas de fin… Comme tous les vrais chemins !

Si ce témoignage vous a touchés, et que vous souhaitez contacter Brigitte Alésinas, c’est possible. Ecrire à brigitte.alesinas@laposte.net. Par ailleurs, Brigitte a témoigné de son chemin de conversion dans le Guide spirituel de la voie du Puy-en-Velay (2).

(1). Compostelle, les mots du Chemin de Brigitte Alésinas, éditions Salvator. 230 pages, 19,90 euros. Préface de Sylvain Penna. Avant-propos de René de Laportalière.

(2). Guide spirituel de la Voie du Puy-en-Velay. Sur les chemins de Saint-Jacques. Ouvrage collectif dirigé par Gaële De La Brosse. Editions Salvator. 254 pages. 12 euros.

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