Des anges pour compagnons de route

Ils sont partout, invisibles, mais bien présents. Les anges peuplent nos imaginaires, nos croyances. Intermédiaires entre la terre et le ciel…Dans son dernier livre, Gaële de la Brosse fait une « déclaration d’amour à nos compagnons de route ».

Ecrivaine, journaliste, éditrice, Gaële de la Brosse est un peu l’ange gardien des pèlerins. Son guide des chemins de pèlerinage, son guide spirituel du chemin de Saint-Jacques, son apologie de la marche entre autres ont sans doute mis beaucoup de personnes en route ou leur ont permis de bien cheminer.

Normal donc que cette ange gardien se soit intéressée aux anges dans son dernier livre -très personnel- paru aux éditions Suzac. Des anges qui sont « nos compagnons de route » et à qui elle fait une « déclaration d’amour » étayée. Normal aussi car son prénom (Gaële) en breton signifie « ange ».

Dans une sorte d’inventaire à la Prévert, Gaële de la Brosse nous fait découvrir ou nous rappelle la présence phénomènale des anges dans la Bible (370 fois), dans le … Coran, mais aussi dans les œuvres d’arts, sur les tympans ou retables des églises, à travers la littérature, le cinéma, la gastronomie etc..

Combien seraient-ils ?

C’est bien simple, ils sont partout ces chérubins, sérafins et autres cousins. Et pas seulement dans les campagnes comme dit le cantique de Noël. On les trouve souvent en compagnie des saints (« les saints et les anges… » , autre cantique).

Ils seraient environ trois cent millions selon un jésuite allemand.  Plus nombreux que les hommes ayant vécu estimait Saint-Louis de Gonzague. Gaële de la  Brosse s’en tire bien en nous proposant ce sage constat d’un prêtre italien :« dénombrable uniquement pour Dieu, indénombrable pour les hommes ».

Bien sûr, l’auteure n’oublie pas les archanges à commencer par Saint-Michel, recommandé pour sa protection par temps d’épidémies. Ou les anges à la trompette, annonciateurs de cataclysmes ou du jugement dernier…

Mais revenons à des considérations plus heureuses et pourquoi pas au chemin de Compostelle, si cher à nos coeurs et à celui de Gaële de la Brosse (« mon premier terrain d’expérience »). Les anges (et pas seulement gardiens) y ont un rôle considérable.

Mais avant d’évoquer les anges du chemin, l’auteure remonte très loin… Aux  aventures de Jacob, Tobie, en passant par celles d’Abraham, de Moïse, d’Aaron et d’Élie,  où les créatures célestes jouent un grand rôle.

Compostelle ? Selon Gaële de la Brosse, « c’est un ange (« l’ange de Dieu », dit la Légende dorée) qui aurait conduit de Palestine en Galice le bateau transportant la dépouille de Jacques le Majeur » sous la garde de quelques disciples »… Huit siècles après, « ce sont encore les anges qui, par leur chant divin, auraient indiqué à l’ermite Pélage l’emplacement de sa sépulture ».

Et sur notre chemin à nous pèlerins, qui nous faisait arriver naguère, à Santiago, au Portique de la Gloire peuplé d’anges, ceux-ci ne manquent pas. Les hospitaliers ou accueillants pour commencer. Mais aussi tous ces anges gardiens qui nous accompagnent, parfois sans trop le savoir.

Avec son livre foisonnant de références, Gaële de la Brosse nous propose un beau voyage intérieur. Nous ne sommes plus seuls au monde…Nous en avons des compagnons de route! Merci à elle de nous l’avoir (superbement) rappelé.

Petite déclaration d’amour aux anges, nos compagnons de route ,
par Gaële de la Brosse.
Editions Suzac. 112 pages. 12 euros.
Coordonnées auteure :itinera@club-internet.fr ; 06 82 75 99 38

Par ailleurs, en tant qu’éditrice chez Salvator, Gaële de la Brosse publie un premier livre d’une nouvelle collection « Chemins d’Etoiles ». Son titre : Sept grâces sur le chemin de Compostelle, de Marie-Eve Humery. Nous y reviendrons dans une prochaine Lettre.

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