En Vendée, les découvertes de Louis…

Né en Bigorre, Louis Cazaubon est devenu vendéen pour raisons familiales. Quand il s’est mis en quête du patrimoine jacquaire en Vendée, peu l’ont cru. Et pourtant, que de découvertes…

Louis le Pyrénéen prophète jacquaire en Vendée ! Encore un « miracle » du Chemin de Compostelle.

Aller à Santiago était « une vieille idée » chez cet ingénieur en informatique, établi à Fontenay-le-Comte après avoir épousé une Nantaise. Alors, la retraite venue, il y a six ans, Louis a pris son bâton de pèlerin vers Saint-Jacques. « Un acte de foi chrétienne, un pèlerinage. J’ai prié, je me suis arrêté dans toutes les églises » témoigne-t-il.

Au retour, tout s’est enchaîné : le contact avec l’association vendéenne des pèlerins de Saint-Jacques, qu’il présidera durant quatre ans, puis l’association du patrimoine religieux de Fontenay-le-Comte. Ce double engagement le conduit sur les traces du patrimoine jacquaire en Vendée.

Au début Louis rencontre un peu de scepticisme. Comment ? Des traces jacquaires dans notre région ? Vous plaisantez…

Accueil dans les abbayes

Mais son enthousiasme va mener ce chercheur rigoureux et insatiable de découvertes en découvertes. Pour cela, il retourne d’abord aux sources : le Codex Calixtinus, la règle de Saint-Benoit et son article 53 consacré à l’accueil de l’étranger (« c’est le Christ qu’on accueille » ) et aux textes des Evangiles, notamment l’évangile de Matthieu. Puis il consulte les archives locales, se promène sur le terrain, a recours à l’archéographie, s’inpire des travaux menés par Jean Roudier pour la Bretagne et d’Humbert Jacomet (auteur de travaux sur la voie océane). Il bénéficie même du concours d’un drône.

Louis-Cazaubon

Louis Cazaubon, toujours à l’affût du patrimoine jacquaire en Vendée

Louis Cazaubon découvre rapidement que la Vendée disposait, au Moyen-Age, d’un important réseau de déplacements vers la mer. « Quand on parle des chemins vers Compostelle, on pense toujours en premier lieu aux voies terrestres nord-sud. Or, au fil de mes recherches sur les anciens chemins notamment de saulniers, on pouvait repérer une constante : tous ces chemins menaient vers l’Ouest, vers le littoral. En fait, les pèlerins remontaient les chemins du sel pour aller prendre les bateaux à destination de la Galice à partir de Talmont, Saint-Hilaire. Et cela dès le Xe siècle ».

Bien plus tard, les pèlerins vendéens privilégieront la voie terrestre vers le Sud. Et la région sera aussi une voie de passage pour les pèlerins venant du « Nord » : de Bretagne ou de Normandie…

Et où étaient accueillis tous ces pèlerins ? Dans les abbayes bénédictines et cisterciennes (18 au total en Vendée), dans les commanderies (dont quatre templières) et dans plus d’une centaine de prieurés.

Louis Cazaubon souligne au passage l’importance de la règle de Saint-Benoît de Nurcie « qui a révolutionné la carte de l’Europe par ses infrastructures d’accueil, ses chemins, au moins jusqu’en 1790. Les bénédictins ont réformé le continent de manière durable ».

L’humilité de celui qui sait

Disposant de cette double clé majeure de lecture ou de relecture du passé du passé vendéen, Louis Cazaubon a alors entrepris un inventaire du patrimoine dédié aux pèlerins. Il a découvert des coquilles sous des chapiteaux dans les églises, sur les linteaux de porte, des statues, des ampoules etc. Bref une vraie richesse dont Louis Cazaubon, intarissable et passionnant, fait profiter ses auditoires lors de conférences d’un intérêt exceptionnel. Il nous parle d’un patrimoine rescapé, on s’en doute, des terribles événements de la Terreur révolutionnaire.

A sa façon, aujourd’hui, Louis Cazaubon reste un pèlerin, toujours en route. Il se donne encore trois ans de recherches. Il voudrait publier cet inventaire illustré sous forme de livre, avec le concours souhaité d’un jeune thésard. Car bientôt arrivera l’heure de la transmission.

La foi chrétienne le pousse toujours aussi dans ses travaux. « Je suis catholique pratiquant. Nous sommes tous appelés à oeuvrer là où nous sommes. Le modeste croyant que je suis continue de travailler sur cet inventaire car il déterre des choses qu’on aurait tort d’oublier ».

Tout ce travail sur le patrimoine jacquaire a ouvert les yeux de Louis sur « ce qu’a été le Moyen-Age en terme d’accueils, d’hospitaleries. Cela a été un phènomène de fond puissant qui remonte au VIe siècle. Cela nous rend encore plus humble aujourd’hui ».

Pour en savoir plus sur les chemins de Vendée : www.vendeecompostelle.org

Eglise de Fontenay

Une statue de Saint-Jacques à l’église de Fontenay-le-Comte.

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Publié dans Art sacré