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Evêques: un temps pénitentiel poignant

29 novembre 2021 | En chemin

Les accueillants restés à Lourdes après la Rencontre des 20 ans ont pu assister, samedi 6 novembre 2021, à une cérémonie publique exceptionnelle sur l’esplanade, face à la basilique du Rosaire : un temps pénitentiel pour la pédocriminalité au sein de l’Église.

Samedi matin 6 novembre, 10h, rive droite du gave de Pau, devant le centre des congrès où les évêques de France tiennent leur conférence annuelle. Là où ils ont reconnu, la veille, « la responsabilité institutionnelle de l’Église dans les abus sexuels ».

Mgr de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France, à genoux devant la Croix, sur l’esplanade de Lourdes, le 6 novembre 2021: “Pardonne-nous”…

Une grande photo sur un mur est dévoilée devant 300 personnes, religieux et laïcs. Cette image représente un enfant en larmes sculpté dans la pierre. Un texte en légende écrit par une personne victime précise: « Imbroglio, dans les yeux de l’enfant, se mêlent la souffrance de la violence subie, le déni de sa parole, et une grande solitude. Plus tard devenu adulte, à l’imbroglio de son enfance, se rajoutera une colère d’avoir été mis en danger et ne pas avoir été secouru. Il comprendra que c’est toute la culture d’un système qui a voulu se protéger au lieu de le protéger. Et son imbroglio ne cesse de se creuser autour de cette interrogation : « Pourquoi ne peut-on pas lui rendre justice ? » C’est tellement vital pour lui pour qu’enfin il puisse avoir la paix et que cesse de couler sa larme d’enfance ».

A genoux

Après ce temps mémoriel, l’assemblée franchit le pont du gave de Pau pour se retrouver, rive gauche, devant l’esplanade face à la basilique du Rosaire. Une grande croix rouge est dressée. L’assemblée forme un arc de cercle au pied des marches. Dans les rangs : des évêques, des laïcs, des familles de victimes … C’est le moment du temps pénitentiel. Les médias plutôt nombreux sont regroupés sur la gauche. Le silence s’installe dans ce frais matin automnal pourtant ensoleillé. Le glas sonne. Un homme passe devant les évêques brandissant une pancarte : « Victime »…

« Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné… Un psaume est lu, scandé par le refrain « Seigneur prends pitié… O Christ prends pitié ». Une partie des évêques est à genoux, à même l’asphalte de l’esplanade. Poignant.

Puis vient certainement le moment le plus intense : Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, s’avance, s’agenouille, seul, sur les marches face à la croix. Puis il lit un texte qu’on pourra découvrir ci-dessous. A son tour, sœur Véronique Margron, présidente de la Conférences des religieuses et religieux de France (Corref), lit un texte dédié aux victimes.

Alors s’achève ce temps pénitentiel d’une gravité solennelle. Un moment historique.

Le lendemain, dimanche 7 novembre, lors de la messe télévisée depuis la basilique de l’Immaculée-Conception dans le cadre du Jour du Seigneur, il est à nouveau fortement question de ce drame qui secoue l’Église tout entière. Dans son homélie, Mgr André Dupuy appelle à un « chemin de conversion », inspiré par les textes liturgiques du jour.

Le lundi 8 novembre, les évêques, toujours à Lourdes, annoncent des mesures concrètes de réparation et d’indemnisation pour les victimes. Ainsi s’achève une semaine lourdaise intense et lourde de conséquences pour l’épiscopat français.

 

Une grande partie des évêques à genoux à même l’asphalte sur l’esplanade des basiliques à Lourdes.

 

« Pardonne-nous… »

Voici le texte de Mgr Moulins-Beaufort, lu à genoux sur l’esplanade de la basilique à Lourdes.

Ô Dieu d’Abraham, Ô Dieu d’Isaac et de Jacob, Ô Dieu de Moïse, Ô Dieu de Jésus-Christ,

« Ô Dieu que nous osons appeler « notre Père », pardonne-nous. Tu mets ton Église à nu, comme jadis Jérusalem, mise à nu à cause de ses crimes.

Nous pensions être préservés par la sainteté de ton Fils et le sacrifice qu’il a remis entre nos mains. Nous découvrons que nous sommes capables, nous tes ministres, nous que tu as appelés et choisis, de profaner ton don le plus ultime, de transformer en un système humain de dégradation, de mépris, de mort, le don jaillissant de ton Esprit.

Pardonne-nous de n’avoir pas compris combien le pouvoir que tu donnes exige de nous une clarté sans faille. Pardonne-nous d’avoir pris ta miséricorde pour une tolérance devant le mal.

Relève-nous, nous t’en prions. Refais nos cœurs. Inspire-nous comment aller vers celles et ceux que nous avons humiliés, négligés, blessés, abandonnés,

Relève les personnes qui souffrent, nous t’en supplions à genoux. Donne-nous de les écouter et de faire ce qu’elles nous demandent.

Ô Dieu que nous osons appeler « notre Père », pardonne-nous. Refais nos cœurs.

Inspire-nous comment aller vers celles et ceux meurtris et humiliés que nous avons négligés et abandonnés. Donne ta joie à celles et ceux à qui nous avons manqué, nous que tu as établis pour porter ta parole de grâce et qui avons failli.

Tu nous as appelés à enseigner, apprends-nous à écouter.

Tu nous as appelés à sanctifier, dépouille-nous de toute appropriation, que ta grâce nous maintienne en perpétuelle conversion ;

Tu nous as appelés à gouverner, purifie-nous de tout goût du pouvoir, libère-nous de toute peur, à commencer par celle de perdre.

Dieu de justice et de miséricorde, Dieu de vie et de paix, prends-nous en pitié, viens au secours de notre humanité.

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