Il pleut sur la place Saint-Jacques

L’ARRIVEE DE DEUX PELERINS CYCLISTES A COMPOSTELLE EN OCTOBRE 2019

Il pleut sur la place Saint-Jacques,
il pleut sur la cathédrale,
il pleut sur les pavés sombres.

Mais nos cœurs sont lumineux.

DEUX PELERINS CYCLISTES Nous avons roulé depuis des jours et des jours.
Nous avons prié sous un soleil torride.
Et ce matin, nos efforts nous mènent devant cette église majestueuse.
Nous sommes à genoux, épuisés et heureux.

La croix du Christ nous a conduits jusque là.

La lumière du Christ nous a enveloppés jusque là.
Nous ne nous sommes pas dérobés, nous avons cru à ces pèlerins qui nous ont précédés. Nous avons cru à leur courage, leur peur et leur persévérance. Nous avons mis notre confiance en leur croyance : ULTREIA !

Il pleut toujours sur la cathédrale. Elle est fermée pour cause de travaux.

Notre cœur cherche une ouverture, une messe qui s’élève de cette terre pour redire au ciel : « Que ton nom soit sanctifié ! »

Une messe pour rendre grâce à la Vierge, notre protectrice. Elle vient d’accomplir 1 000 kilomètres à nos côtés, elle n’a cessé de prendre soin de nos vélos et de nos muscles.

Mais où trouver un prêtre dans une cathédrale en travaux ?

Où trouver des hospitaliers pour entendre les mots de bienvenue, « Vous êtes, enfin, arrivés … » ?

Où trouver le réconfort des sourires et la bénédiction des pèlerins ?

Nous nous engouffrons dans un café, un peu dépités. La cathédrale est restée muette.

Alors nous rencontrons providentiellement, le père Aurélien, Geneviève, Jean et Emile.

  • « Vous êtes français ? » nous questionne l’un d’entre eux.
  • « Oui et d’ailleurs nous cherchons une messe en français ».
  • « Vous tombez bien ! Vous avez un prêtre à cette table. »

Et ils nous invitent à nous joindre à eux.

Nous partageons leur repas. Nous retrouvons le sens de l’hospitalité, le sens du pèlerinage: la fraternité. Tous ces kilomètres ne nous mènent-ils pas vers l’autre ?

L’autre pèlerin et la même direction : notre Seigneur !

Les quatre accueillants français ensoleillent notre journée nuageuse et humide. Ils témoignent de cet amour inconditionnel du Christ. Ils témoignent de son Royaume.

À 17 h, le père Aurélien célèbre une messe pour nous. Nous sommes très touchés par cette attention.

Avant nous avions assisté à un échange entre plusieurs pèlerins qui venaient déposer leur témoignage de ce que fut ce pèlerinage pour eux. C’était intense et chacun avait à cœur de prolonger encore un peu la fraternité qui l’avait nourri tout au long de son chemin.

Si nous avons parcouru les routes d’Aragon, de Navarre, de Castille, de Galicie, si nous avons franchi le col du Somport et le col de Poio, nous avons, surtout, pénétré le sanctuaire intérieur, chaque jour davantage.

Nous avons creusé le chemin qui rejoint le cœur profond de notre être, qui lie l’âme et le corps, qui invite l’homme à devenir Un en Dieu.

Nous ne remercierons jamais assez le père Aurélien et les 3 bénévoles français pour leur réconfort, leur chaleur et leur aide efficace. Quand il a fallu plier bagage et emballer nos vélos et notre charriote, ils étaient là, nous attendant à la gare routière.

Nous avons parcouru jour et nuit le Chemin.

Quelle joie de se savoir attendu, écouté, épaulé !

Quelle joie et quel témoignage :

Être sur le chemin et devenir chemin pour les autres …

 

Marie-Noëlle et Pierre

Abbaye de Sarrance

Dimanche  27 octobre 2019

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