ILS ONT PRIS LE CHEMIN

Savez-vous ce qui est survenu durant les deux fameux mois d’intermède où les humains (la moitié des humains !), ont été assignés à résidence ?

La nature a repris ses droits. Les prédateurs, chasseurs, dealers, cambrioleurs, consommateurs compulsifs, pollueurs, réduits à l’impuissance, ont cessé leurs méfaits. Le gibier s’est multiplié et enhardi, les gaz qui nous asphyxient ont diminué de 40%, les parents se sont occupés de leurs enfants et de leur conjoint au point, parait-il, de se multiplier… Le silence a succédé au vacarme. Même les vacances n’ont pas un tel effet ! Mais comme le bon grain ne pousse jamais seul sur cette terre, l’ivraie a poussé aussi : augmentation des psychotropes, de l’alcool, des violences familiales…
Les soignants ont retrouvé les fondements de  leur vocation et des petites gens, des travailleurs de l’ombre ont été valorisés par leur utilité sociale subitement découverte.

Le prix de cette expérience ? La mort de nos parents et grands-parents. Il a fallu attendre la suppression de la distance de mobilité de 100 kms, pour constater la reprise de la circulation sur les chemins de saint Jacques, véritables vaisseaux irriguant le cœur de l’Europe. D’abord, presqu’exclusivement la jeunesse, souvent sous la tente, assoiffée d’air pur, de nature et de réponses à ses questions essentielles. Les hébergeurs timides d’abord pour ouvrir leurs établissements se sont organisés et ont adopté les protocoles très contraignants de désinfection et d’espacement des lits et des places à table.

A l’Hospitalité Saint Jacques, le passage de 12 à 5 lits a été nécessaire pour limiter, par respect pour les pèlerins, les risques de contagion. Le flux pèlerin s’est réduit de 70%, les trajets parcourus sont raccourcis et nous notons à l’accueil une grande fragilisation des usagers du chemin : annulation des réservations, fatigues accrues, moral perturbé, incertitudes et peurs face à l’avenir… Mais eux, au moins, ils ont pris le chemin !

ils ont repris le chemin

La peur entretenue et coercitive a entretenu l’angoisse de mort dont tous sont affectés plus ou moins. Ce n’est ni la fête, ni la débauche qui calmeront durablement cette angoisse. Les pèlerins ont choisi la marche, beaucoup recherchent la prière et le recueillement. Un immense besoin d’Espérance s’exprime en réponse à un  pessimisme mortifère….
Centres d’écoute et « hôpitaux de campagne » sont, plus que jamais, nos accueils chrétiens témoignant de l’omniprésence du Christ nous répétant inlassablement : « N’ayez pas peur ! Ultreïa ! »

Hospitalité Saint Jacques

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Publié dans Vie sur le chemin