« J’ai vécu l’ouverture de l’Année Sainte à Santiago »

Emile, pèlerin et accueillant francophone,  était présent, avec son épouse, à Saint-Jacques-de-Compostelle lors de l’ouverture de l’Année Sainte, le 31 décembre 2020. Il témoigne de ce jour particulier, au cours d’un entretien.

Lettre de Webcompostella : Emile, tu as vécu un séjour très fort à Santiago en fin d’année  2020?

Emile : Oui, je suis venu à Santiago pour principalement deux raisons : mon intronisation dans l’archiconfrérie universelle de l’apôtre Saint-Jacques et l’ouverture de l’Année Sainte.

Nous reviendrons plus loin sur cette intronisation. Restons sur l’ouverture de l’Année Sainte. Comment l’as-tu vécu factuellement ?

C’était une ambiance de temps de Covid. Il y avait une forte présence des forces de l’ordre et de sécurité pour limiter la circulation. Il y avait des contrôles partout. Il était difficile d’approcher, encore moins d’accéder à la cathédrale. Il ne nous a pas été possible d’y trouver une place  pour la célébration de l’ouverture de l’Année Sainte. Nous l’avons suivie comme tout le monde sur les écrans de télévision extérieurs. Puis, comme il pleuvait, nous avons continué à la suivre bien au chaud dans un parador.

Décevant, non ?

 Non, nous nous y attendions, mais nous avons tout de même vécu de bons moments. Le jour du 31 décembre nous avons assisté à la réalisation du magnifique tapis fleural et minéral devant l’entrée de la Porte Sainte place Quintana. Nous n’avons vu que le départ des troupes de la place Obradoiro, où elles avaient déflié juste avant la cérémonie. En fait, c’est surtout après la célébration que nous avons vécu un grand moment.

Raconte-nous…

Après la célébration qui a duré près de 3h, nous sommes retournés sur la place Quintana où se produisaient, devant la Porte Sainte, des musiciens  avec Carlos Nunez. Vers 21h, la Porte Sainte s’est à nouveau ouverte. Comme nous étions du bon côté, nous avons été quasiment les premiers à la franchir, sous les flashes des photographes qui nous ont éblouis. Ca été pour nous un grand moment d’émotion, mais aussi un acte profondément religieux. Ce passage, c’est pour moi comme le crisme inversé : de l’omega, nous passons à l’alpha, au recommencement. Nous sommes allés ensuite dans la crypte nous recueillir devant l’apôtre, puis nous sommes ressortis.

Alors cette cathédrale restaurée, elle est belle ?

Oui, tout est brillant, magnifique. Tout semble neuf. La tête de Saint-Jacques pour l’abrazo, bien nettoyée, paraît vraiment limpide. Le choeur est désormais très accessible. Théodomir a pris l’emplacement de Saint-Jacques le matamore. Il n’y a plus de chaises dans la chapelle des Rois de France et la copie de la Vierge Noire n’a pas encore retrouvé sa place.

Tu étais déjà venu à cette même période il y a trois ans à Santiago. L’ambiance était sans doute bien  différente ?

Absolument. Il y a trois ans, ça ressemblait un peu à l’été, avec beaucoup de monde, des commerces ouverts etc. Cette fois-ci, changement complet. C’était vraiment une ambiance Covid. Un resto ouvert sur deux, un magasin sur 10. Nous avons vu quelques pèlerins. Le centre d’accueil international des pèlerins reste ouvert, mais on tamponne des compostelas au compte-goutte.

L’ouverture de l’Année Sainte n’a pas vraiment été un événement populaire. Tout était fait pour que les gens ne viennent pas et suivent la célébration à la télévision.

L’annonce de la prolongation de l’Année Sainte en 2022 par le pape a sans doute été bien reçue sur place ?

Oui, ça a été un soulagement. Du côté du sanctuaire, on n’est pas très optimiste pour 2021 en raison de la pandémie. C’est pour cela que le pape a prolongé.

Emile franchit la fameuse Porte Sainte, ouverte depuis quelques heures seulement.

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Publié dans Vie sur le chemin