Karina, pèlerine devenue aubergiste

Elle a marché à plusieurs reprises jusqu’à Compostelle. Elle a été accueillante francophone à Santiago. Karina est maintenant aubergiste de pèlerins à Melide. Que de chemins parcourus…

Ouvrir une albergue sur le Camino en Espagne… Karina, 39 ans, en rêvait. Depuis fin juillet 2020, le rêve est devenu réalité. Au terme de multiples démarches, Karina (Bergamini) héberge des pèlerins à l’Albergue Melide, un gîte de 49 lits, avec deux grands dortoirs. Elle propose gîte et petit déjeuner.

Créée en 2013, l’albergue se situe à l’entrée de la ville de Melide (50 km de Santiago), sur le Camino Frances. « Le jour où j’ai ouvert » témoigne Karina, « j’ai reçu trois pèlerins espagnols qui arrivaient du Camino Primitivo. Celui-ci rejoint le Camino Frances à Melide ».

De belles rencontres

« Au début, je n’ai pas eu grand monde. Puis trois groupes de cyclistes sont arrivés. Et à partir du 15 août 2020, ça a commencé à bien venir. Malheureusement, un regain de coronavirus sur Melide début septembre a de nouveau réduit les passages. Mi-septembre, j’ai décidé de fermer pour la saison ».

Karina reconnaît qu’elle a ouvert « à perte » l’an dernier. Mais elle garde confiance, s’appuyant aussi sur les belles rencontres vécues en 2020 qui lui ont fait « sentir » pourquoi elle était « là ».

La plus belle ? « Mon premier prêtre pèlerin, un Italien. Il avait accompagné le pape Jean-Paul II à Monte Gozo. Depuis, il voulait faire le chemin tout seul ».

Karina-Melide

Karina sur le seuil de son albergue à Melide. Bienvenue aux peregrinos…

Karina s’est lancée dans son projet bien avant la Covid. Portée par ses souvenirs de pèlerine : « J’ai fait seule le Camino Frances en 2016. En 2017, j’ai emmené mon fils sur le même itinéraire sans le finir. En 2018, j’ai fait deux fois le chemin portugais par la Costa. Une fois seule, une fois avec mon mari. En 2019, j’ai fini le Camino de 2017 avec mon fils ».

Karina est portée ensuite par le désir de « donner » ce qu’elle avait « reçu ». Première étape : en étant accueillante de pèlerins francophones à Santiago, en juin 2019, avec Webcompostella. Puis en mettant son envie d’entreprendre au service du Chemin. Responsable vente en boulangerie, Karina cherchait enfin une activité « ayant du sens ».

Un choix conséquent sur le plan familial. Son mari a été très compréhensif : « Si ça te correspond, je m’adapte ». Autrement dit : Karina part seule en Espagne faire sa saison d’accueil et son mari reste à Angers, le couple se retrouvantlors des vacances ou de longs week-ends.

Karina pratique-t-elle l’accueil chrétien ? « Oui, dans le sens où je suis moi-même chrétienne. Je suis accueillante et pèlerine chrétienne. Mais je ne propose ni donativo, ni temps de prière ».

Comment se présente 2021 ? Le jour de notre interview (22 février), Karina ne savait toujours pas à quelle date elle pourrait rouvrir. Sans doute pas avant début mai. D’autant que l’albergue a subi, en novembre 2020, un… dégât des eaux ! Comme si ce n’était pas déjà compliqué comme ça  avec la Covid!

La belle énergie de Karina trouve sa source dans sa foi. « Saint-Jacques est avec moi. Si je n’avais pas la foi, si je n’avais pas la chance de travailler en accueillant des pèlerins, si je n’avais pas cette passion pour le chemin, jamais je ne me serais lancée ».

On souhaite chaleureusement à Karina de retrouver le plus vite possible l’Albergue Melide. Pour son propre épanouissement et celui des pèlerins qui seront certainement bien accueillis. Et peut-être même avec des … crêpes.

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Publié dans Rencontres