L’année sainte aussi en …2022 !

Les pèlerins ont deux ans devant eux s’ils veulent aller à Saint-Jacques-de-Compostelle pour l’Année Sainte et franchir la Porte Sainte. Le Pape a accepté de prolonger l’année jubilaire d’un an en raison de la pandémie.

LA porte Sainte

Ouverte le 31 décembre 2020, à Saint-Jacques-de-Compostelle lors d’une cérémonie solennelle, la Porte Sainte qui symbolise l’entrée dans l’Année Sainte, le restera également en 2022.  Car cette Année Sainte, attendue depuis 11 ans, est prolongée d’une année supplémentaire. Ce qui constitue une exception à la règle qui veut que le jubilé jacquaire coïncide avec la Saint-Jacques  tombant un dimanche (ce qui sera le cas le 25 juillet 2021). Un coïncidence qui n’arrive que … 14 fois en moyenne par siècle !
Cette « bonne »nouvelle, attendue dans la cité de l’Apôtre, a été officialisée par Mgr Bernadito Auza, nonce apostolique en Espagne, en fin de célébration du 31 décembre. Le nonce a lu un décret de décembre 2020 du Pape François. Celui-ci, prenant en compte les difficultés engendrées dans le monde entier par la pandémie de la Covid 19,  accorde la « prolongation des dons spirituels associés à l’année sainte durant tout 2022 ».
Cette nouvelle a été saluée par des applaudissements dans la cathédrale. Mgr Julian Barrios, archevêque de Santiago, qui présidait la cérémonie, a exprimé sa « profonde gratitude pour cette grâce concédée par le Saint-Père,  qui réjouira de nombreux pèlerins du Chemin de saint Jacques qui, tout au long de ces deux années, arriveront jusqu’à la tombe de l’Apôtre et pourront entrer par la Porte Sainte ».
Cette annonce papale à vrai dire était espérée par les autorités du sanctuaire et par la Galice. Elle sera appréciée par les pèlerins mais aussi par tout le secteur économique qui vit du pèlerinage. En revanche, des voix estiment que cette prolongation est « contraire à la tradition jacquaire ».

Les trois gestes

Avant cette annonce de prolongation,  dans un message adressé le 17 décembre 2020 à l’archevêque de Santiago pour l’ouverture de l’Année Sainte,  le Pape « a envoyé son affection, sa proximité à tous ceux qui participent à ce moment de grâce pour toute l’Église, et en particulier pour l’Église en Espagne et en Europe. » Avant d’accorder « sa bénédiction apostolique ».
Dans ce texte qu’on peut retrouver sur le site d’information officiel du Vatican (Vatican’news), le Saint-Père souligne les trois gestes qui « rappellent la raison  d’être du pèlerinage : contempler le visage de Jésus dans le Porche de la Gloire, embrasser l’apôtre, participer à l’Eucharistie ». Trois gestes qui nous invitent « à sentir que nous sommes le Peuple de Dieu qui fait de ses traditions un chant de louange».
Selon François, « en marchant sur les traces de l’Apôtre, nous laissons de côté les sécurités auxquelles nous nous accrochons, mais ayant un but clair, nous ne sommes pas des vagabonds, tournant toujours autour de nous-mêmes sans arriver nulle part».
Le chemin de la vie
Pour l’évêque de Rome, « marcher aux côtés des autres nous aide à reconnaître chez nos prochains un don que Dieu nous fait pour nous accompagner sur ce chemin ». Il ajoute que «se joindre aux autres fait du bien et cette expérience se forge en cours de route ; elle est faite par les pèlerins chaque jour, s’attendant les uns les autres, se soutenant les uns les autres, partageant les efforts et les réalisations».
Le Saint-Père assure que la « marche est un processus de conversion » et affirme, citant l’écrivain Antonio Machado, qu’«on fait le chemin en marchant» et qu’«il n’y a pas de recette préalable ; faire le pèlerinage doit être pour nous une marche au pas avec Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, avec Celui qui veut nous offrir sa compagnie et nous montrer le chemin de la vie».
Un appel à la mission
Enfin, pour le Pape, le pèlerinage est un « appel à la mission : évangéliser suppose de connaître le pain et la maison, la patrie promise n’est pas un idéal utopique mais un but concret, connu, rappelé, une chaleur qui nous accompagne et nous attend. La chaleur du foyer nous fait croire à la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection, de l’incarnation. Le pèlerin est capable de se mettre entre les mains du don de Dieu».

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Vie sur le chemin