Le pèlerinage : une expérience de transition écologique de vie

A l’heure où de nombreux signaux d’alerte s’allument pour nous avertir que la planète devient de moins en moins habitable pour de nombreuses espèces dont l’espèce humaine, chacun est invité à s’interroger sur son mode de vie et de consommation.

laudateur Si - CarmelLe Pape François nous invite tous (in Laudato si’ II, 217) à une profonde conversion intérieure. Si les chrétiens sont vivement interpellés par leur vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu, le Pape met en garde contre les excuses de réalisme et de pragmatisme invoquées, et contre la passivité de ceux qui ne veulent pas changer leurs habitudes.

Dans chaque contexte de vie, dans chaque activité, il devient urgent de faire des choix en remettant en question des modèles de développement, de production et de consommation et de savoir discerner dans tout progrès technologique ce qui constitue vraiment un progrès humain sans s’abriter forcément derrière « les prétendues nécessités » d’utilité, de sécurité et de bien-être (L.S. ch. 105).

Avec le chemin de Saint Jacques, nous avons un précieux terrain d’expérience, pour s’engager dans cette conversion intérieure. Le chemin nous contraint à la simplification, à la sobriété, à l’abandon d’un avoir sécu-risant (bagages pléthoriques). Bien des pèlerins se félicitent d’expérimenter la « sobriété heureuse » prônée par Pierre Rabhi et reprise par le Pape en réduisant le contenu de leur sac, en consommant peu, en ralentissant leur marche pour favoriser la contemplation de ce qui les entoure. De plus, ils s’ouvrent aux autres, aux autres pèlerins, aux riverains, à leurs hôtes, dans une relation simple, sans paraître, sans étiquette sociale exhibée, prêts à aider, à partager : « tout est lié », le relationnel et le matériel, l’action et la contemplation…

Même si la vie du chemin est parfois dure, elle est belle et, la plupart du temps, joyeuse. Certains, sans maudire les indélicats, offrent une journée de leur marche pour ramasser les déchets laissés par leurs frères du chemin ! La dernière ascèse, à laquelle peu consentent, est de laisser l’I Phone et autres jouets pratiques mais addictifs empêchant une salutaire distance avec ce que l’on a quitté.

Le chemin sensibilise et met déjà en œuvre, comme en d’autres lieux, le possible dès maintenant : des hébergements « donativo » résistent à la marchandisation de l’accueil, des hospitalités se tournent vers une alimentation simple, bio, familiale, cultivent leurs terres de manière saine et raisonnée. Bien des pèlerins s’installent comme hôtes et vivent de l’esprit du chemin, fraternel, convivial, dans une édifiante simplicité de vie.

La lumière de Saint François d’Assise éclaire le chemin : « c’était un mystique et un pèlerin qui vivait avec simplicité et dans une merveilleuse harmonie avec Dieu, avec les autres, avec la nature et avec lui-même » (L.S. 10) Il nous plait de savoir Saint François et Saint Jacques se donnant la main…

La conversion écologique sera intérieure et spirituelle ou ne sera pas. Sans profonde spiritualité, la motivation écologique n’est souvent qu’une peur de la mort, une peur de la fin du monde vivant et finalement, un matérialisme inversé et négociable. Pour un pèlerin chrétien, cette conversion est soutenue par l’Espérance de Vie et la confiance en notre Dieu créateur.

Léonard

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Publié dans Eclairages spirituels