Les pèlerins de retour, le sanctuaire du Puy renait

Avec le retour des pèlerins en mai, le sanctuaire marial et jacquaire du Puy-en-Velay retrouve le sourire. Les bénédictions des pèlerins rencontrent de l’écho. Le musée du Camino a réouvert ses portes. La drôle d’année 2020 semble loin. Mais la menace sanitaire pèse encore sur les esprits…

Ce mercredi matin 17 mai 2021, nous sommes environ 80 pèlerins à recevoir la bénédiction du chapelain du sanctuaire. Le jour de l’Ascension, ils étaient plus de 200 dans la cathédrale du Puy. Les acteurs jacquaires du Puy-en-Velay retrouvent le sourire, après une année 2020 « étonnante ».

Les premiers à se réjouir sont évidemment le père Jean-Loic Ollu, le nouveau recteur du sanctuaire (lire par ailleurs son portrait) et Pierre Bonnet, référent diocésain à la pastorale du chemin de Compostelle . Mais aussi les animateurs du Camino, ce lieu d’accueil des pèlerins et véritable musée des Chemins de Compostelle, créé par le Centre Européen Saint-Jacques.

Gilles Chalaye, Dominique Bourgin et François Legrand s’apprêtent ce 17 mai  à rouvrir leur établissement dans leurs singuliers locaux aménagés dans l’ancien hôtel Vidal, à deux pas de la cathédrale.

On ne saurait trop recommander aux pèlerins, avant qu’ils ne s’élancent sur le chemin,  de s’accorder une journée supplémentaire  pour parcourir les salles souterraines du Camino et ainsi s’imprégner de l’histoire jacquaire…  Aménagé sur quatre étages inférieurs, un parcours  muséographique prête sa magie à la tradition pèlerine. On y trouve aussi le café des pèlerins et le salon d’accueil des jacquets.  

On peut également s’attarder pour découvrir les richesses de cette ville dont on part trop vite…

Pour parfaire sa condition physique tout en se cultivant, il est ainsi possible de monter les marches qui conduisent à la chapelle Saint-Michel tout en haut du rocher d’Aiguilhe. Non seulement, on s’offre un superbe panorama sur la cite ponote, mais on découvre un singulier lieu de culte. Il fallait une foi à soulever les montagnes pour ériger sur cette hauteur cette chapelle dédiée à Saint-Michel le protecteur.. 

Aujourd’hui, les visiteurs-pèlerins peuvent bénéficier, avant de grimper les marches, d’une visite virtuelle très parlante au sein d’un accueil piloté par Sébastien Falcon et son équipe. 

Et puis on peut aussi prendre le temps de s’arrêter et de méditer dans cette cathédrale bâtie sur du roc, avec des pierres d’origine volcanique, sur la colline Anis, à partir du XIIe siècle.

Admirer également cette statue monumentale de Notre-Dame de France juchée sur le rocher Corneille, coulée avec le bronze des canons russes à Sébastopol, sous le Second Empire. 

Et flâner dans la ville haute du Puy… remarquer l’ancien hôtel-Dieu qui abrita jadis les pèlerins et où  la fédération française des associations des chemins de Compostelle (FFACC) tient une permanence, depuis le premier juillet.

Cette présence ainsi que le Camino attestent de l’importance du Puy-en-Velay comme principal site jacquaire en France.  Après tout, la cite ponote a l’histoire pour elle. N’est-ce pas son évêque, Godescalc, qui, en 950, fut l’un des premiers pèlerins étrangers à se rendre en Galice sur le tombeau de l’apôtre…

Aujourd’hui, Le Puy est le premier point de départ français des pèlerins sur les chemins de Compostelle. Jean-Paul Grimaud, directeur de l’office de tourisme du Puy, précise qu’en 2019, 23 à 25 000 pèlerins ont été recensés. 15 000 ont assisté à la messe et à la bénédiction à la cathédrale avant de prendre le chemin. 62 nationalités différentes ont été observées.

Que de chemin parcouru depuis les années 1990 où Le Puy comptait peu d’accueils pèlerin. « J’ai passé une annonce dans le journal  pour mettre en route l’accueil ici »  raconte André Cuny, médecin retraité et grande figure du monde jacquaire au Puy . Celui qui fut durant 20 ans président des amis de Saint-Jacques du Velay, rend hommage à l’action décisive de Mgr Henri Brincard, évêque du diocèse de 1988 à 2014 et initiateur du projet Camino.

Pour sa part, Catherine Chalaye, adjointe à la vie culturelle  du Puy, veut rappeler l’implication de l’ancien maire de la Ville (Laurent Wauquiez) dans la valorisation du Chemin de Compostelle. Même ses opposants lui reconnaissent cette influence déterminante.

Au delà de Compostelle, Le Puy confirme sa vocation de ville de pèlerinage et de cité mariale. 500 000 visiteurs découvrent la cathédrale chaque année. La dévotion à la Vierge Noire du Puy est presque bi-millénaire. Celle consacrée à Saint-Michel date du Xe siècle. Des historiens disent du Puy qu’elle était la « Lourdes du Moyen-Age ». Une appellation plus récente la qualifiait de « ville sainte, d’art et d’histoire ». Laïcité oblige, le mot sainte a été supprimée.

En tout cas, Le Puy cultive son image de « carrefour des cheminants ». La cité est notamment le point de départ de 5 itinéraires de grande randonnée : GR 65 (Compostelle, même s’il part de Genève) ; GR 70 (Stevenson) ; GR 700 (chemin de Regordane, Saint-Gille-du-Gard) ; GR 430 (chemin de Saint-Régis) ; GR 300 (chemin de Saint-Michel).  On peut y ajouter le sentier de la Loire (vers la source), une boucle autour des volcans du Velay et d’autres parcours.

Il est question d’un chemin qui relierait « Saint-Michel des terres » (Le Puy) au « Saint-Michel des mers » (Mont-Saint-Michel),  et qui pourrait avoir un prolongement en Italie…

C’est donc tout bon, ici, pour la santé physique des marcheurs. Bon aussi pour la spiritualité des cheminants. C’est enfin un facteur de développement économique. Le chemin de Compostelle, pour sa part,  génère des services et des emplois notamment dans le milieu rural.  « A Saint-Privat d’Allier, commune de 400 habitants, 40 emplois dépendent de l’activité du chemin » conclut M. Grimaud.

Merci Saint-Jacques…

groupedupuy - Camino

Le 17 mai 2021, dans le jardin du Camino, au Puy-en-Velay : de gauche à droite, Eric Chopin (Lettre de Webcompostella) ; Dominique Bourgin (responsable du Camino) ; Pierre Bonnet (référent diocésain de la Pastorale du Chemin de Compostelle) ; Catherine Chalaye (adjointe à la vie culturelle à la mairie du Puy-en-Velay) ; François Legrand (vice-président de l’Association Le Camino) ; Clémence Damians (chargée de mission Saint-Jacques et Grandes Itinérances à l’office du tourisme de l’agglomération du Puy) ; père Jean-Loic Ollu (recteur des sanctuaires du Puy-en-Velay) ; André Cuny (président d’honneur et fondateur de l’association Les Amis de Saint-Jacques du Velay) ; Gilles Chalaye (président de l’association Le Camino).

Le Camino, 2, rue de la Manécanterie, 43 000 Le Puy-en-Velay. 04 71 09 06 00 ; contact@camino.org ; www.lecamino.org 

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Publié dans Vie sur le chemin