Marie-Eve, pleine de grâces en chemin

Relire son chemin et y découvrir des trésors cachés ou trop vite enfouis. C’est ce à quoi nous invite -entre autres- un bijou de livre : « Les sept grâces sur le chemin de Compostelle », de Marie-Eve Humery. Son témoignage est une grâce supplémentaire.

Marie-Eve Humery, pèlerine vers Compostelle et écrivaine.

On appelle cela couramment « les cadeaux » du chemin. Une belle rencontre, une lumière particulière, une excroissance végétale symbolique, un secours inattendu dans un moment de perdition, une balise providentielle, une gourde partagée en pleine Meseta, une chapelle merveilleusement ouverte dans un endroit improbable etc !

Qui n’a pas bénéficié de tels cadeaux en cheminant ? Marie-Eve Humery nomme « grâces » sept moments de cette nature, vécus sur son chemin de treize jours parcouru de Bergerac à Navarrenx sur la voie de Vézelay, il y a onze ans. Elle était accompagnée  par l’un de ses filleuls, Olivier, 20 ans.  Un Chemin entrepris pour « guérir » d’une vie antérieure difficile et exprimer sa gratitude à son Seigneur. Pour rendre grâce.

En cadeaux du Ciel, la pèlerine a été servie ! Mais il lui a fallu sept années de recul et l’invitation d’un éditeur pour les discerner, les remettre en perspective dans sa propre vie et les rédiger. Au passage : 7, le chiffre d’or !

En chemin, la socio-anthropologue de 33 ans, docteur en sciences de la société, investie dans l’accompagnement de travailleurs sociaux et passionnée par le dialogue interreligieux, chrétienne de tradition orthodoxe, n’avait pris aucune note. « Je voulais vivre  ce que la vie m’offrirait ».

Sur ce chemin, la vie lui a offert sept « instants bénis » où se « sont produits des événements impromptus » et pour lesquels « il y eût un avant et après ». Pas seulement le fruit du hasard, mais des rendez-vous avec elle-même.

Nous serions tentés ici de tous les énumérer, mais ce serait dévoiler un mystère et altérer un plaisir de lecture. Sachez qu’on croise notamment un cavalier au cheval blanc, un cerf, un grand-père triste,  un jeune homme qui prend son envol etc. Aux lecteur.e.s de les découvrir. Mais retenons tout de même un moment de grâce, le troisième : cette invitation à déjeuner un midi, dans la traversée d’un village, par Maria, une femme gitane.

Marie-Eve et Olivier ont certainement encore en mémoire la saveur de son ragoût de bœuf nimbé de sauce tomate. Mais ils n’ont pas oublié le témoignage de Maria. Après avoir exprimé sa passion pour un « être cher, Jésus », elle leur délivra cette phrase d’un épître de Saint-Paul aux Corinthiens : « si tu n’a pas l’Amour, tu n’es rien ». Foin de longs propos théologiques, tout était dit.

Commentaire après coup de Marie-Eve Humery :

« Troisième grâce, des yeux et un coeur vivant. Maria, tu fus notre Marthe et Marie. En acte et en paroles, tu nous enseignas l’Amour ».

Ecrit avec « grâce », ce récit est un régal à lire. Chaque pèlerin.e. retrouvera des réminiscences de son chemin. Mais « Sept grâces sur le chemin de Compostelle » nous fait entrer aussi dans la profondeur de l’âme humaine tout en nous élevant spirituellement.

Comme le souligne le préfacier Luc Adrian, cet ouvrage nous « invite à relire nos sentiers d’existence, si cabossés et méandreux soient-ils, à la lumière de la gratitude, cette mémoire des grâces reçues ».

Il est une « remontée à la source, comme tout pèlerinage » prolonge Annick de Souzenelle en fin d’ouvrage dans un chapître  original intitulé « Chemins partagés ». Avec Bertrand Vergely (enseignant et philosophe), frère Benoît Billot (moine bénédictin), la théologienne orthodoxe apporte un éclairage singulier sur le récit de Marie-Eve Humery.

Bref, ce livre inspiré nous entraîne dans un beau voyage intérieur. Avec humour, pédagogie et vivacité.

On dit que le chemin transforme. Marie-Eve le démontre en toute simplicité. Mais il faut peut-être être parfois attendre quelques années, comme ici, pour en tirer les enseignements. Tout est affaire de patience, de confiance et d’attention à soi, et aux autres. Et puis il convient aussi de laisser œuvrer l’Esprit Saint et Saint-Jacques…

Sept grâces sur le chemin de Compostelle,
par Marie-Eve Humery, éditions Salvator.
Collection Chemins d’étoiles, animée par Gaële De La Brosse. Préface par  Luc Adrian.
Chemins partagés par Annick de Souzenelle, Bertrand Vergely et frère Benoît Billot.
170 pages. 15 euros.

Petite prière des sept grâces,  écrite par Marie-Eve Humery

« Seigneur et Maître de ma vie

Accorde-moi de mettre mes pas sur le chemin que tu as préparé pour moi

De fendre mes armures et mes pierres intérieures

Pour m’ouvrir au Tout Amour que tu m’offres

De ne jamais désespérer quand m’entourent le chaos et la nuit

De désirer et de vivre la totale liberté que te suivre me donne

D’accueillir mon frère et de prier pour lui et pour toute ta Création

Et de me laisser emplir sans cesse par tes grâces, dans l’Esprit Saint ».

Un lien…

On peut retrouver Marie-Eve Humery sur le site : www.marie-eve-humery.fr

Ce site porte sur le livre et sur une proposition d’accompagnement de personnes lors d’un parcours de cheminement intérieur à partir de la trame des 7 grâces (Marie-Eve Humery le prévoit pour l’été prochain, en Périgord, dans un lieu au vert, au bord de la Voie de Vézelay).

La proposition : faire une halte pour réfléchir, se poser et se déposer, et faire le point sur le sens de son chemin de vie et sur son cheminement intérieur, sur le sens de la vie et du travail ; pour repartir sur le meilleur des chemins pour chacun/e.

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Publié dans Voir et lire