Saint-Jacques, ce méconnu…

Qui était vraiment l’apôtre Jacques, le Majeur,  frère de Jean l’évangéliste et fils de Zébédée ? Adeline Rucquoi entreprend de mieux nous faire connaître celui vers qui marchent des milliers de pèlerins, dans un ouvrage qui se veut un « précis à l’usage du pèlerin de Compostelle ».

Jacques, ce méconnu, témoin de l’espérance…

Jacques, ce méconnu, témoin de l’espérance…

Jacques est, avec son frère Jean et Pierre, l’un des principaux apôtres du Christ. Il sera l’un des premiers martyrs. Depuis un bon millénaire, des millions de pèlerins marchent vers son tombeau à Compostelle, en Galice. Mais qui, parmi les jacquets, connaît vraiment l’histoire et la personnalité de celui qu’on appelait le « fils du tonnerre » et qui est vénéré en Europe au point de susciter une véritable « piété populaire » ?

Peu de monde, répond Adeline Rucquoi. C’est pourquoi, la directrice de recherches émérite au CNRS, membre par ailleurs du comité international des experts du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et de l’archiconfrérie universelle de l’apôtre Saint Jacques, vient de publier un petit ouvrage de 108 pages dédié « à Jacques, apôtre, frère de Jean » aux éditions CLD. Son sous-titre est explicite : « Précis à l’usage du pèlerin de Compostelle ».

Une façon -du moins on le comprend ainsi-  pour l’auteure de réparer une injustice. Adeline Rucquoi rappelle en effet que l’apôtre est le grand méconnu des pèlerins mais aussi des écrivains. «  La plupart des ouvrages écrits sur le chemin de Saint-Jacques oublient … Saint-Jacques » constate-t-elle. « Ils lui préfèrent parfois Compostelle, donnant ainsi comme but à la marche une ville « neutre ». Au passage, Adeline Rucquoi épingle Christiane Rancé, auteure d’un récent « Dictionnaire amoureux des saints » dans lequel elle omet le fils de Zébédée alors que c’est le chemin de Compostelle qui lui aurait inspiré l’idée de ce Dictionnaire. Enfin, même,  la longue tradition chrétienne retient plus parmi les apôtres du Christ Pierre et Paul que Jacques…

Alors, dans un livre concis et érudit, Adeline Rucquoi évoque tout à tour « l’apôtre, l’évangélisateur, le martyr, le pèlerin, le chevalier, le « fils du tonnerre (boanergès) ».

Jacques est-il un modèle ? Oui répond l’auteure. Par son humanité. Pour son amitié avec Jésus. « Les pèlerins qui visitent ton sanctuaire » écrit Adeline Rucquoi en s’adressant directement à Jacques, «  ne te connaissent pas assez. Ils ne se rendent pas toujours compte que tu poursuis ton œuvre d’évangélisation et de conversion que tu acceptas, un jour sur les rives de la Galilée, sans imaginer ce à quoi ce oui te conduirait ».

Au fond, pour Adeline Rucquoi, « Jacques peut être présenté comme exemple, pour tout chrétien appelé à la sainteté. Comme ami du Seigneur, comme annonciateur de la Bonne Nouvelle, comme pèlerin en chemin, comme défenseur de la foi, comme martyr ».

Saint Jacques est aussi  le symbole de l’espérance. Celle qui fait marcher depuis des siècles tout un peuple de pèlerins vers son tombeau. Ou vers … Fisterra. En tout cas, le message de ce livre est clair : ne pas oublier saint Jacques…

Jacques, ce méconnu, témoin de l’espérance…

A Jacques, apôtre, frère de Jean, précis à l’usage du pèlerin de Compostelle,
par Adeline Rucquoi, éditions CLD.
108 pages, 12 euros.

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