Serge, dénicheur de patrimoine jacquaire…

Il fait partie de ces innombrables pionniers du patrimoine jacquaire en France. Serge attend les pèlerins sur la via Arverna, du côté de Neussargues (Cantal).

« Médecin généraliste de l’histoire locale, du néolitique à la Seconde guerre mondiale ». Ainsi aime se présenter, avec une pointe d’humour, Serge Defix, de Neussargues (centre-est du Cantal). Ancien professeur d’histoire-géo, il profite de sa retraite acquise il y a sept ans pour assouvir  totalement une passion vieille de 50 ans : l’histoire locale, le patrimoine.

C’est à ce titre qu’il s’est intéressé au patrimoine jacquaire. Compostelle ? Il en avait fait la découverte lors d’un voyage scolaire avec ses élèves. A cette occasion, Serge avait entrepris de répertorier le patrimoine jacquaire dans son pays de Neussargues, situé sur la Via Arvena (un chemin vers Compostelle, de 500 km, qui relie Clermont-Ferrand à Cahors).

Du coup, il s’est aperçu « qu’il y avait beaucoup de choses dans la pierre » sur ce thème-là. C’était parti. Depuis, Serge s’est lancé dans la quête de ces précieuses traces jacquaires.

Connu comme le loup blanc en tant qu’enfant du pays et  pleinement impliqué dans l’histoire locale, Serge a vu s’ouvrir beaucoup de portes. Il a ainsi pu repérer sur des linteaux des coquilles, des bourdons, des croix. Des pierres tombales ornées de ces insignes ont également mises au jour, notamment à Joursac, près de Neussargues.

Serge Defix

Serge Defix montre ici un linteau jacquaire à Joursac.

Présence d’une confrérie…

 C’est ainsi qu’il y a quelques années, Serge a réalisé une brochure recensant les traces laissées, au fil des siècles, par les pèlerins et par la dévotion à Saint-Jacques dans son pays. On y voit deux linteaux et deux pierres tombales à Joursac, un linteau orné d’une coquille gravé aux marges du Cézallier, un linteau et une pierre tombale dans la magnifique église de Moissac (près de Neussargues) ; une croix et un linteau  à Coltines ; une coquille sur un modillon de l’église de Brezons ; une coquille sur l’arc du portail central de la cathédrale etc. Sans oublier deux linteaux à Murat, deux autres linteaux à Neussargues.  Et des vitraux et statues…

Comment expliquer une telle profusion dans un espace aussi délimité ? Grâce à des recoupements et des recherches, Serge Defix a fini par découvrir l’existence d’une confrérie Saint-Jacques à Moissac. D’où la présence d’une statue de Saint-Jacques en bois doré dans l’église.

Découvrir le patrimoine jacquaire, c’est ainsi lui donner de la perspective. Trouver des coquilles sur des linteaux d’une maison ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’anciens refuges pour pèlerins. Cela peut témoigner aussi de l’existence d’une confrérie comme on vient de le voir. Mais également le désir de graver dans « la pierre » l’accomplissement de son pèlerinage. Ou bien est-ce la traduction locale d’une ferveur religieuse à l’égard de Saint-Jacques, sans aller pourtant sur le chemin… Orner un linteau d’une coquille pouvait être un acte de protection…

N’oublions pas enfin que nous sommes sur la via Arverna. En tout cas, amis pèlerins, si vous passez par Neussargues, n’hésitez à demander Serge Defix. On vous dirigera  facilement vers lui. Et lui prendra un grand plaisir à raconter et montrer ses découvertes. Il a l’habitude. Il est « greeter » pour le compte du conseil départemental. Bénévolement, il accueille des visiteurs et fait part de ses connaissances acquises avec passion.

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Rencontres