“…servir le Seigneur dans la pauvreté et l’humilité “

Monastère des Clarisses de Nérac (47)

Nous ne sommes pas vraiment sur le chemin de Saint Jacques, mais pas loin, à 20 km de Condom, un peu plus d’Eauze. Il a pu arriver qu’un  pèlerin fasse halte chez nous. Mais cela suppose de se détourner un peu et de grimper la côte qui mène au monastère, car nous sommes en-haut d’une colline. Malgré l’attrait que peut avoir le site, ce peut être dissuasif quand on a déjà une journée de marche dans les jambes !

Monastère des Clarisses de Nérac (47)

Nous sommes des filles de Sainte Claire. Si Saint François est bien connu comme  grand marcheur sur les routes du Seigneur pour Le chercher et Le servir, Claire, elle, est ‘recluse’ (cloîtrée) à Saint-Damien, avec ses sœurs. Pourtant dans ses écrits c’est une expérience de « marchante » qu’elle nous livre et nous invite à faire, elle qui a commencé sa nouvelle vie par une marchenocturne, bien préparée, qui l’éloignait délibérément de sa maison et de ses habitudes de privilégiée, puis a dû, avec l’aide de François, passer de lieux en lieux jusqu’à trouver le mieux approprié à la vie qu’elle voulait mener.

Dans la vie elle n’avance pas au hasard : dans son Testament spirituel la référence au chemin est constante ; on la voit tout du long attentive à suivre et entraîner ses sœurs à suivre ‘Celui qui s’est fait lui-même notre Voie’ (cf Jn 14,6).

Et dans la Règle, ce sont encore les mots du chemin qui lui viennent pour traduire l’expérience spirituelle qui est la sienne et qu’elle propose à ses sœurs :

ne rien s’approprier, mais pèlerines et étrangères en ce siècle servir le Seigneur dans la pauvreté et l’humilité (Rg 8,1).

Révélateur aussi cet encouragement qu’elle adresse à Agnès de Prague :

« Remets-toi en mémoire les principes de base qui te font agir; ce que tu as acquis, conserve-le soigneusement ; ce que tu fais, fais-le bien ; ne recule jamais ; hâte-toi au contraire et cours d’un pas léger, sans achopper aux pierres du chemin, sans même soulever la poussière qui souillerait tes pieds ; va confiante, allègre et joyeuse. Avance avec précaution cependant sur le chemin du bonheur : ne te fie pas et ne te livre pas à quiconque voudrait te détourner de ta vocation, entraver ta course et t’empêcher d’être fidèle au Très-Haut… » (Let. 2, 11-14).

C’est bien un voyage qu’elle a conscience d’avoir accompli lorsqu’à l’approche de sa mort elle dit:

« Pars en paix, en toute sécurité, tu auras un bon Guide… Sois béni Seigneur, toi qui m’as créée » (Pr. Can.)

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Publié dans A la source des communautés