Solenn : le Covid ? Plutôt un allié…

Témoignage de Solenn, 37 ans,  de Rennes. Elle a pris le chemin pour Santiago à partir du Puy-en-Velay, le 11 août 2020. Au moment où ces lignes sont écrites (mi octobre), elle n’est plus loin du but. L’an dernier, elle avait fait Mont-Saint-Michel-Compostelle d’une traite. Elle était venue deux fois à l’accueil francophone. Ses deux chemins sont bien différents.

Solenn sur le chemin de Compostelle en octobre 2020, sur le pont de Hospital de Orbigo

Solenn sur le chemin de Compostelle en octobre 2020, sur le pont de Hospital de Orbigo

Bien sûr que le coronavirus est embêtant cette année. «  L’atmosphèse est anxiogène partout. Chez certains pèlerins. Chez les « locaux ». Tout le monde porte le masque en Espagne » témoigne l’intrépide et souriante Bretonne Solenn. Et puis il y a des effets pervers. «  Je n’ai pas toujours l’impression d’être la bienvenue. Et parfois j’ai le sentiment d’être pris pour une vache à lait. On profite pour des pèlerins plus rares pour augmenter les prix »…

Mais l’essentiel n’est pas là aux yeux de Solenn. Le Covid serait plutôt un allié côté pèlerinage surtout en Espagne. « D’abord, il y a moins de monde. C’est plus relax. Et puis il n’y a plus les distractions au long du Camino. C’est moins Dysneyland sur la Meseta. Il y a toi, le paysage et ton intériorité ».

Et puis surtout, selon Solenn, qui aime les formules incisives, « il y a moins de touristes chez les pèlerins. J’ai l’impression que le pèlerin pur et dur est là en Espagne. Et du coup je me retrouve un peu mieux. Je trouve que ce que je suis venue rechercher : un cheminement intense, une connexion authentique avec des personnes, le process intérieur qui est en route, Dieu, l’union, la paix…Je vis davantage de discussions approfondies que l’an dernier ».

Paradoxalement, c’est le Covid qui l’a remise en Chemin. « La crise sanitaire a réveillé chez moi des anxiétés. Le confinement m’a bridé, m’a atteint profondément. Il fallait retrouver la liberté de l’espace, et cette nature qui apporte tellement de bienfaits ».

Alors, elle est partie du Puy pour « aller plus loin sur le plan spirituel. Pour vivre « un gros test » de sa foi : « j’ai l’impression que le monde s’écroule. Je doute énormément. J’ai des peurs que je n’avais pas en 2019 J’ai voulu retrouver ma foi de l’an dernier ».

L’a-t-elle retrouvée ? « J’ai retrouvé une énergie universelle qui relie tout le monde. Cette énergie pourrait être Dieu, même si ce n’est pas un mot que j’utilise tous les jours. En tout cas, c’est une forme de grâce divine ».

Une grâce qui a pu se révéler à travers quelques signes. Comme cet accueil un soir d’orage dans un village du Gers. «  J’avais prévu de camper. Le tonnerre éclate. Je me réfugie dans l’église. Mais vers 20h 15, une dame vient fermer l’église et me dit que je ne peux pas rester là. Elle ajoute qu’elle va appeler quelqu’un pour me trouver une solution. Cette personne arrive, m’ouvre la salle de catéchisme où je trouve de l’eau pour ma toilette. Elle me ramène également de quoi manger. C’est quand même la magie du chemin. Il suffit juste d’avoir la foi. C’est plus grand que moi »…

D’autres signes de solidarité et de fraternité  ont montré à Solenn, le visage d’un monde bienveillant. De quoi la renforcer dans sa quête existentielle.

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