Sur le chemin du confinement

Le vécu des chemins de pèlerinage m’a certainement aidée à vivre ce moment inédit…

Sur le chemin du confinement, je ne suis pas stressée à l’idée de manquer bien qu’au fil des jours, ce temps ait été propice pour désencombrer placards, mental, et surtout le cœur et l’esprit.  Il y avait aussi suffisamment de livres en attente sur les étagères pour finalement me rendre  à l’évidence…  quelques lignes, quelques mots parfois suffisent pour entendre l’essentiel… 

Sur le chemin du confinement, un agenda s’est vidé, des rencontres annulées, des sorties  reportées. C’est ainsi.  Acceptant le fait de devoir vivre cela, je me suis laissée entraîner sur cette nouvelle route qui finalement, presque à mon insu,  m’a sortie de ma zone de confort, de ma vie pleine et programmée qui certes, bien que riche de beaux moments, de belles rencontres ne laissaient plus beaucoup de place à l’imprévu. Je me suis peu à peu adaptée à cette nouvelle invitation au temps sans  pour autant laisser place à la nostalgie : je ne me suis pas partie à la recherche du temps perdu ou passé…

Sur le chemin du confinement, j’ai retrouvé la sève créatrice pour entre autres, renouer avec des activités quelque peu délaissées ces dernières années. J’ai souri en constatant  qu’une fois de plus,  je m’étais laissée prendre par le temps et que j’avais encore oublié de prendre le temps…

confinement

Au fil des jours, le décrassage intérieur a opéré.  De l’espace s’est libéré… bienvenu salvateur vide intérieur pour laisse remonter, surgir les émotions face à la beauté… 

Sur le chemin du confinement, les églises ne sont pas  fermées mais je ne peux pas toujours m’y rendre à cause de l’éloignement géographique. Les  célébrations sont possibles via les réseaux câblés  mais  j’ai aimé retrouver  l’union spirituelle avec la nature, avec tous ceux que je savais dans la solitude et ainsi nous avons pu, par téléphone… nous retrouver, échanger…

Sur le chemin du confinement, se sont  invités  repos, calme et silence. En cette période où, ironie du sort, il n’a jamais fait aussi beau, vivre l’instant présent a pris tout son sens. Installée sur un relax dans la véranda, j’ai réécouté avec étonnement les chants d’ oiseaux, observer les fleurs me saluer, jamais le jardin n’a été aussi beau… Ce printemps augure un vrai renouveau !

 Au fil des jours, ayant retrouvé  les vertus du pèlerinage, je vis dans une attitude de confiance, d’espérance. Je marche et avance chaque jour avec de nouveaux repères, un autre rythme. Le mien et comme sur le chemin, heureuse de l’avoir trouvé !

Sur le chemin du confinement, tout s’est installé pour, petit  à petit, abandonner l’efficacité, laisser place à la fécondité. Faire de ce temps unique,  si particulier un temps propice à la réflexion et m’interroger sur la tolérance, la définition de La Liberté : que vais-je faire de la mienne dans les années à venir ? Prendre soin de soi en s’isolant du médiatique afin de se protéger et ne pas éprouver inutilement la peur.

Au fil des jours, cette période ne s’avère-t-elle pas révélatrice de nos qualités (patience, bienveillance…) défauts, limites où l’on ne peut tricher avec soi même ? La porte de l’introspection s’est ouverte, pas de manière égoïste pour se regarder soi, mais pour continuer à marcher intérieurement. Accéder à l’intériorité, retrouver l’indispensable silence  et  vivre ce temps avec confiance et espérance.

Comme celui du pèlerinage entre Le Puy-Saint Jacques, le temps de confinement durera environ deux mois. Dans quelques jours, je pourrais ouvrir le portail en grand. Mon cœur ne palpite pas comme sur les dernières étapes avant l’arrivée à Santiago. Que vais-je faire de cette expérience ? Restera-t-elle un moment entre parenthèses ou tout s’est arrêté et reprendra comme avant ou… vais-je décider de  l’intégrer à mon chemin de vie afin de le poursuivre forte de cette expérience et des fruits recueillis ? Quelle sera la transformation profonde de ce monde, dans lequel chacun a sa responsabilité et,  dont j’entends qu’il y aura un avant et un après confinement ? Comment ne pas, en même temps, nous réjouir de ce à quoi nous sommes appelés, même si nous ne savons pas encore ce que sera ce Chemin ?

 Sur le chemin du déconfinement, je  continuerai à vivre confinée, un peu… 

pour rester à l’écoute de Celui qui essaie, où que je sois, en pèlerinage ou en confinement,  où que j’en sois sur mon chemin de vie, de me rejoindre chaque jour.

Ultreïa & Suseïa
Brigitte

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Publié dans Témoignages