UN CHEMIN SANS HOSPITALIERS ?

« Sachez être hospitaliers ; c’est grâce à l’hospitalité que des hommes sont parvenus à Dieu. Tu reçois un hôte, dont tu es, toi aussi, le compagnon sur le chemin, car nous sommes tous pèlerins. Il est chrétien celui qui reconnait qu’il est pèlerin même en sa demeure et dans sa patrie. »
(Saint Augustin)

chemin de Saint JacquesSans hospitaliers, le pèlerinage de Saint Jacques ne serait plus ce qu’il a toujours été : un chemin de transmission, un chemin de fraternité et de foi, un chemin d’échanges de dons…
Sans les hospitaliers bénévoles et sans les accueils en donativo, ce chemin de pèlerinage ne serait plus qu’un chemin de randonnée à thème historique, un chemin-musée qui aurait perdu sa grâce et sa fidélité à l’apôtre.
Fort peu nombreux sont les livres traitant des chemins de saint Jacques, qui mentionnent le rôle si primordial des

« Nous avons la joie et Dieu nous voit »
hospitaliers donnant de leur temps et de leur énergie au service de leurs frères pèlerins. Ce constat pourrait réveiller un sentiment d’injustice alors qu’il est ressenti par les hospitaliers comme une bénédiction de leur démarche d’humilité. « Nul besoin de reconnaissance ou d’admiration semblent-ils nous répondre : « nous avons la joie et Dieu nous voit ».

Pourtant connaisseurs du chemin pour l’avoir parcouru, ils ne se racontent pas, ils n’aiment pas se montrer en exemple du « parfait pèlerin ».
Ils sont là pour écouter, réconforter, soigner et distiller quelques discrets conseils pour aider le pèlerin à réaliser son projet, son propre pèlerinage, à aller plus loin, à passer « oultre ». Ils sont enthousiastes et même, malgré eux, révèlent à ceux qu’ils servent, une graine de l’esprit du pèlerinage qui pourra germer en leur cœur. N’est-ce pas leur manière de donner, à leur tour, ce qu’ils ont reçu en allant à Santiago, de faire de leur vie un perpétuel pèlerinage avant d’atteindre le Sanctuaire définitif ?
Comment remercier tous ces indispensables artisans du chemin, sinon en priant pour eux. Bienheureux soient-ils de bien vouloir servir leurs frères dans des hospitalités qui voient en eux, le Christ même qu’ils reçoivent.

Léonard

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Publié dans Eclairages spirituels