Une saison atypique mais passionnante

Pauline et Marcel pratiquent l’accueil chrétien (donativo)  dans leur gîte d’Eauze (Gers). Ils témoignent, avec leurs mots, sur cette année particulière.

« Comme 2020 fut une année atypique ! A peine passés les premiers pèlerins de mars, le flux s’est soudain tari : en avril et mai, habituellement les mois les plus remplis de l’année, le confinement a changé le chemin et les accueils en déserts. L’énergie que nous déployons chaque fois à ce moment-là s’est soudain trouvée inemployée. Comme beaucoup, nous en avons profité pour passer plus de temps en famille, vivre des choses ensemble : marche, jardinage, temps de prière, travail de l’école…

Nous avons apprécié cette disponibilité les uns aux autres que nous avons moins d’habitude, quand nous nous partageons entre la famille et l’accueil. Mais ce sentiment de manque lié à l’absence de pèlerins nous a aussi incités à écrire pour webcompostella une méditation de neuf jours, appelée « chemin d’espérance », afin d’aider ceux qui ne pouvaient partir à faire le lien entre leur expérience du chemin et le confinement auquel ils étaient soumis pour un temps.

En mai trois pèlerins sont passés, bravant la limitation des cent kilomètres, assoiffés de liberté. Puis en juin, peu à peu, moins nombreux que d’habitude certes, mais en nombre croissant, de semaine en semaine, de mois en mois. Surtout des français, mais aussi des belges, des suisses, deux québécoises !

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Pauline et Marcel gèrent l’accueil chrétien d’Eauze

Reconnaissants d’être ouverts

En juin particulièrement, et un peu ensuite, nous avons reçu des personnes que l’on sentait très fragilisées, envers qui nous devions faire preuve de plus de délicatesse, sans doute éprouvées par le temps de confinement qu’elles venaient de vivre, mais aussi par l’atmosphère d’incertitude où nous étions plongés. A table le soir, les pèlerins allaient davantage à l’essentiel.

Ils se montraient souvent très reconnaissants que nous soyons restés ouverts, alors que beaucoup de gîtes étaient encore fermés. Le fait qu’il y ait moins de monde rendait également les échanges plus intenses. Parmi les pèlerins un certain nombre étaient plus habitués à partir loin et longtemps ; ils s’étaient retrouvés sur la voie du Puy par défaut, parce que les autres destinations leur étaient fermées, mais la plupart semblaient heureux de ce qu’ils pouvaient vivre tout de même, et donnaient un souffle particulier aux échanges le soir.

Des « binômes » de l’association Seuil sont passés aussi, un jeune en difficulté avec un adulte qui l’accompagne, apportant une émotion à la soirée, et un touchant soutien réciproque entre pèlerins. Le soir nous proposons toujours un petit temps de prière, où nos hôtes vont librement. Nous n’avons pas remarqué qu’ils y viennent plus nombreux cette année. Mais là encore les pèlerins exprimaient davantage leur reconnaissance d’avoir pu partager un tel temps de recueillement.

A présent quelques-uns passent encore : des individuels, mais aussi des familles profitant des vacances de la Toussaint.

Pour résumer, une saison d’accueil atypique, mais passionnante. Pèlerins et accueillants nous avons eu l’impression de nous soutenir mutuellement pour vivre ce temps incertain.

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