Vers la joie de Pâques

4éme lettre commune

La pandémie est comme un long carême dont on ne voit pas le bout. Privés, nous sommes. Privés d’ailleurs, privés des autres, privés des joies simples de mettre ses chaussures pour aller à la rencontre de soi et des autres, au sein de cette nature fabuleuse, multiple, changeante, nourrissante, équilibrante. Privés de rencontres, les belles qui nous illuminent, les rires, les repas partagés, l’amitié, et les plus difficiles, les personnalités heurtantes, les humiliations, les réflexions blessantes, les comportements dérangeants qui nous apprennent à mieux nous connaitre.

Quand en finira-t-on avec ce long carême dont nous n’arrivons pas à sortir. Quand arrivera la joie de Pâques, celle de la lumière revenue, du partage et de la vie partagée ?

Que nous reste-t-il dans ce repli sur soi obligé ? Nos souvenirs et nos rêves. Prenons le temps, de les revivre intérieurement, et de les préparer, intérieurement. Tiens ? Intérieurement… et si c’était là que ce grand carême voulait nous entrainer ?

Privés de tout le reste, sans regret et sans remords, que se passe-t-il à l’intérieur dans ce dénuement ? Mais tout, la Vie, celle qui est unique, nous appartient, que nous avons construite, que nous construisons encore, celle à venir qu’il nous faut préparer pour être alors mieux nous-mêmes, pour être mieux aux autres, et retrouver le gout de nous émerveiller de tout ce dont on aura été privé et qui nous a manqué. Le petit morceau de chocolat le matin de Pâques, dont on a oublié le gout ces 40 derniers jours, comme le sourire de l’inconnu avec qui on s’apprête à partager le jour, la marche, le repas, le soleil et la pluie.

Bonne fin de ce Carême, quelle qu’en soit la durée.

Annie Cardinet

Présidente FFACC

 


 

Bien sûr, nous espérons que cette lette commune vous arrivera pour Pâques, qu’elle partagera alors votre joie en l’anniversaire de ce Passage, que ce soit celui de l’Exode, ou celui de cette Résurrection fêtée par les Chrétiens, ou celui qu’intérieurement nous sommes tous appelés à vivre en une transformation sans cesse renouvelée, sans cesse recommencée, que notre expérience du Chemin nous avait fait encore mieux pressentir.

Mais si cela devait ne pas être le cas, l’important est peut-être, une fois de plus, dans cet « ailleurs » : Saint Jacques nous attendait, fût-ce à notre insu, au terme de notre chemin, et nous découvrions à ce terme que, finalement, notre Chemin ne faisait que commencer… En cette fête de Pâques, nous nous entendons dire « Que faites-vous ici ? Il vous précède en Galilée… »

 

Par-delà l’enfermement du Covid, par-delà les nécessaires mesures qui nous forcent à nous replier sur nous-mêmes et nous amènent à nous méfier des rencontres car suspectes de contaminations, n’oublions pas que nous sommes précédés sur des chemins que nous ne connaissons pas encore, sur des terrains encore insoupçonnés qui pourraient même ne pas nous paraitre favorables. Et précédés, non par des « valeurs » ou un « idéal », mais par Quelqu’Un. Ce Quelqu’Un qui a marché sur nos propres Chemins, qui en connait les embûches mais aussi les émerveillements des petits matins, les combats et les dépassements.

Pâques, fête du Passage. Mais aussi qui nous rends responsables de nos propres Passages, ceux que nous faisons pour nous-mêmes et ceux que nous aidons nos compagnons de route à franchir : Il nous attend sur l’autre rive…

Alors…Belle poursuite de Pâques à chacun de vous !

Daniel Ragot

Président Webcompostella


Chers amis,

 

C’est avec joie que je me joins par la quatrième fois à cette lettre commune qui relie un si grand nombre de pèlerins et marcheurs.

Qu’il me soit permis de citer le titre d’un titre de l’un de nos -bulletins mensuels de 2020 :

L’an prochain à Santiago-pour le grand jubilé-

Ce ne sera pas le cas pour beaucoup d’entre nous mais je livre à la réflexion, en espérant ne pas abuser, deux courtes sentences d’hommes célèbres :

NE PAS SUBIR   Maréchal de Lattre de Tassigny

….Et regardant les étoiles je me pénètre de l’insignifiance des  choses   Général de Gaulle (écrivain)

Oui  ce sont des mots mais je ne veux pas ajouter aux belles phrases de Annie et Daniel sinon de penser à Pâques qui arrive et qui est pour beaucoup dans le monde  une source d’ardeurs nouvelles, d’espoir, de courage, et de jours de promesses,

Ensemble nous passerons ce cap dramatique, et je souhaite, que nos associations puissent se maintenir, se développer et se fortifier avec de nouveaux jeunes adhérents pèlerins dont nous avons besoin.

Patrice Jacques Marie BERNARD

Président

Société Française des Amis de Saint Jacques de Compostelle

 

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Publié dans Vie sur le chemin