Yvette : pèlerine puis hospitalière

Infatigable et intrépide Yvette. La pèlerine bretonne avait envisagé de faire cette année le chemin portugais. Covid oblige, elle s’est rabattue sur le chemin Genève-Le Puy (GR 65) en septembre. Puis elle a enchaîné comme hospitalière à Rocamadour, durant une semaine d’octobre. Témoignage. 

Chez Yvette,  retraitée des Côtes d’Armor, le virus de Compostelle a été plus fort que le Covid 19. Du 30 août au 16 septembre, Yvette a marché en solo de Genève au Puy-en-Velay. « Je n’ai rencontré qu’une dizaine de pèlerins sur 400 km, en 18 jours », témoigne cette habituée des chemins de Compostelle. Mais elle a fait des rencontres aussi magnifiques que ce chemin qui traverse les deux Savoie, l’Isère, la Loire et la Haute-Loire. Un itinéraire « parsemé d’étoiles ».

D’abord pèlerine (ici au Puy), Yvette a été ensuite hospitalière à Rocamadour.

N’ayez pas peur

 « Saint-Jacques m’appelle à partir et aller à l’essentiel » explique Yvette, témoin, lors de son périple, « de belles histoires bouleversantes ». Ca valait donc bien le coup d’y aller, malgré le virus.

Du coup, elle s’autorise cette invitation en ces temps d’incertitude : « La Providence est toujours là à qui sait ouvrir son coeur. N’ayez pas peur de partir car vous n’êtes jamais seuls. La bénédiction terrestre et céleste vous apporte la protection, la force et le courage au moindre doute ».

Sur son chemin, Yvette a été bien accueillie. Alors, en octobre, elle a rendu la pareille en passant de l’autre côté de la barrière. Du 17 au 25 octobre, elle a été hospitalière au Cantou de Rocamadour (Lot), un gite d’accueil chrétien tenu par trois religieuses de la congrégation Notre-Dame du Calvaire.

De 6h 30 à 20h30, Yvette n’a pas ménagé sa peine pour accueillir une vingtaine de pèlerins par jour ! Appliquant aussi le protocole strict lié à la crise sanitaire (désinfection renforcée, fichier de tracabilité à faire remplir à des pèlerins parfois dubitatifs…). « Nous ne sommes pas malades puisque nous marchons » protestaient certains. « Le chemin est un bon virus »… Ils avaient bien l’intention d’aller jusqu’à Santiago.

Mais la douceur et le sourire d’Yvette, sa solide expérience de l’accueil,  ont bien fait passer les choses. Elle a déjà été hospitalière, ainsi qu’accueillante francophone à Santiago, les années passées. « L’ accueil me permet de continuer mon chemin de vie » sourit-elle.

 Vraiment pèlerins…

A côté des tâches matérielles, l’enrichissement spirituel été fort, avec ces rencontres au sein du sanctuaire de la Vierge Noire, liée à Compostelle et à la Bretagne (très prisée des marins).

Quelques-unes ont été marquantes. Comme « cette jeune femme d’une trentaine d’années. Elle avait fait le chemin une première fois quand elle était … bébé, avec ses parents. Elle avait besoin de le visualiser. Elle avait un charisme impressionnant d’optimisme et de volonté.  En arrivant, après avoir accompli 35 km, elle est montée directement au sanctuaire en grimpant les 216 marches ».

Autre rencontre, celle de cette maman avec sa fille de 9 ans cheminant du Puy à Conques, avec des étapes de 25 km par jour. « Tous les ans, elles font un bout de chemin. C’est beau. Elles étaient contentes d’être passées dans un accueil chrétien ».

Dans l’ensemble, Yvette a trouvé les pèlerins « vraiment pèlerins, très fervents de la prière ».

Après cette éreintante mais riche expérience, Yvette se « sent encore  un peu plus forte » pour « continuer son chemin de foi ».

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Publié dans Témoignages